Hetalia Sweet Madness
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 Quelques phrases, une Vie

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MessageSujet: Quelques phrases, une Vie Lun 2 Jan - 15:36

Il ne voit vraiment pas plus loin que le bout de son nez




6 h 30.

Hong Kong ouvrit un œil. Il faisait encore nuit, et la chambre était plongée dans le noir. Il ne voulait pas se lever. Cette saison cruelle et sans pitié qu’est l’Hiver le fatiguait de plus en plus au fil des jours. Aussi préférait-il rester ici, bien au chaud, sous les couvertures. Seulement, son portable ne lui en laissa pas l’occasion. Le réveil qu’il avait programmé résonnait dans la pièce. Le jeune Asiatique se redressa, maudissant le lundi matin. C’était tellement mieux, la veille. Rester au lit jusqu’à midi, rester chez soi bien au chaud à regarder des films, lire des livres et jouer à la console. Quel merveilleux jour que le dimanche.
Mais bien sûr, il fallait un jour pour contraster. Ce jour fût appelé lundi.

Grommelant, il attrapa l’appareil qui continuait de débiter de la musique en un son crescendo. Histoire de bien le réveiller. Il l’arrêta et s’étira longuement. Puis, après avoir viré les draps, il se leva, s’étirant une seconde fois. Il se déplaça, heurtant aléatoirement un pétard usagé, une peluche, un bouquin ouvert, une pile de vêtements et une canette vide. Atteignant après un incroyable parcours du combattant les rideaux, il les ouvrit. Un calme plat régnait sur la ville. On voyait encore la lune, éclairant faiblement le haut des bâtiments. Hong Kong, Fai Tao de son nom, poussa un long soupir. Une longue journée pénible et ennuyeuse de travail l’attendait. Comme chaque lundi de chaque semaine de chaque mois de chaque année.
Quel quotidien passionnant et plein de vie. Ce n’est pas qu’il n’aimait pas sa vie, plutôt qu’il commençait à être lassé. Il savait exactement ce qu’il allait se passer aujourd’hui : le patron serait absent, les stagiaires en profiteraient pour faire la fête, Danemark aura emmené des packs de bière et Norvège l’aurait frappé pour cette raison. Australie aurait une nouvelle fois emmené son Koala au bureau, alors qu’évidemment, les animaux y étaient interdits.

Le jeune homme se prépara, aussi motivé qu’en forme. Il prit une douche, s’habilla et descendit dans la cuisine afin de manger un morceau, avant son départ. Il était loin d’être un cordon bleu, et ses souvenirs de déjeuners anglais étaient loin d’être… Agréables. Il se contenta donc d’une brioche au chocolat et d’une tasse de thé, comme chaque matin. Il alla ensuite se brosser les dents et mettre ses chaussures, prêt à partir.
Fai posa sa main sur la poignée de la porte d’entrée lorsqu’il entendit une petite voix derrière lui.

« Fai… Tu t’en vas… ? »

L’Asiatique se retourna, posant ses yeux sur une jeune fille blonde, encore en tenue de nuit, à l’air endormie. Il s’en approcha et posa sa main sur sa tête, frottant doucement la douce chevelure d’Emily, représentante de l’Etat de Floride, mais surtout, c’était sa très chère petite sœur.

« Je vais travailler. Il reste genre, du thé si tu veux. »
« Bro’, tu reviens vite, hein ? »
« Of course. »

Sur ces mots, il déposa un baiser sur le front de sa sœur, avant de sortir, sac en main, affronter le froid piquant de l’Hiver. Vraiment, quelle sale saison.


7 h 00.

Hong Kong arriva à son lieu de travail, comme d’habitude. Il entra, essuya ses pieds sur le paillasson, et se rendit directement à son bureau. À peine commençait-il à s’installer qu’on entra, sans frapper, évidemment. C’était Nouvelle-Zélande, tout joyeux, qui sautilla jusqu’à lui, un grand sourire affiché sur son visage.

« Hello M. Tao ! »
« Qu’est-ce que tu fais là, toi… ? »
« Je suis venu voir Australie ! »

Fai soupira. Chaque Lundi, le petit Néo-Zélandais venait voir son soi-disant « frère », Australie. Mais bien évidemment, tout le personnel de la compagnie savait qu’ils entretenaient une relation toute autre qu’une relation fraternelle. Et d’ailleurs, personne n’avait réagit face à leur écart d’âge. Mais, voyant l’âge de certain, Chine par exemple, sans vouloir le viser personnellement, rien n’était vraiment étonnant en ce bas monde. Aussi personne n’avait fait la remarque aux deux Océaniques. C’était comme ça.

Hong Kong accompagna Nouvelle-Zélande au bureau d’Australie. Lorsque ce dernier les vit entrer, il alla directement les saluer, le plus jeune avec un bisou sur le front, l’Asiatique avec une tape amicale dans le dos. Comme Fai s’en doutait, le bureau de l’Australien regorgeait de surprises : des photos tropicales, un serpent dans un vivarium, un koala agrippé à son ami, une tarentule qui se baladait sur le bureau… Bref, normal, quoi. À ce joyeux bazar, le Néo-Zélandais ajouta un kiwi. Plus on est de fou, plus on rit.


7 h 30.

Hong Kong avait fini de s’installer. Il commença à travailler dans le calme, ne se préoccupant plus de ce qui l’entourait.

12 h 00 : pause déjeuné.

Tous les employés se retrouvaient dans la pièce centrale afin de partager un moment de joie et de … Bazar mondial. Littéralement.
Norvège mangeait tranquillement son saumon, frappant de temps en temps Danemark, qui essayait de refourguer des bières à tout le monde. Nouvelle-Zélande déjeunait sur les genoux d’Australie, qui lui-même nourrissait son koala en riant bruyamment. Hong Kong, lui, mangeait son bol de riz ( avec une fourchette ) dans le calme. Ils n’étaient pas nombreux, mais ils faisaient bien autant de vacarme que tous les frères et sœurs de Fai réunis. Et ils étaient bien plus nombreux.

« Hé Fai ! Tu veux une bière ? »
« Ca suffit. »

Danemark se prit un énième coup sur la tête. Norvège ne lui laissait aucun répit et n’avait aucune pitié pour lui. Cela faisait longtemps, longtemps qu’ils étaient mariés. Le froid Norvégien semblait toujours être irrité en présence du Danois. Pourtant, tout le monde savait qu’ils s’aimaient passionnément. Ca crevait les yeux. Malgré tous les coups pleuvant, personne ne doutait de leur amour.
Hong Kong refusa poliment la proposition du Nordique. Il tenait très mal l’alcool, et après le coup qu’il venait de se prendre, il ne voulait pas perturber plus Norvège. C’était suffisant.

15 h 00 : pause café.

Norvège s’enfila sa trentième tasse de café de la journée, Danemark sa septième bière. Nouvelle-Zélande buvait tranquillement un chocolat chaud aux côtés d’Australie, qui lui-même savourait une bière gentiment offerte par une certaine personne ( inutile de la nommer ). Fai, lui, était disons, de corvée. Corvée photo copiage. Amusant, n’est-il pas ? Mais il fallait bien que quelqu’un le fasse. Et aujourd’hui, ce quelqu’un, c’était lui. Soupirant, il photocopia chaque page, une par une, afin d’en sortir plusieurs exemplaires identiques. Une fois le tas finis, il les rangea dans le dossier correspondant, et ferma la photocopieuse. Puis, une idée lui traversa l’esprit.
Ne serait-ce pas amusant… ?

« FAIIII ? FAIIIII ! CHINTOOOOOOCK ! MADE IN CHINA ??? YOUHOUUUU ! »

Danemark parcourait les couloirs, cherchant l’Asiatique depuis au moins dix bonnes minutes. Il ne restait plus qu’un endroit à vérifier. Il ouvrit grand la porte, et de sa forte voix, fit remarquer son entrée.

« J’te trouve enfin, Hong Kong ! J’ai un paquet pour Ice et…. »
« … »

Le Nordique s’arrêta net. Ce qu’il voyait, il n’en revenait pas. Il avait très fortement envie de rire, mais quelque chose le bloquait. La surprise sûrement. Toujours est-il qu’il resta planté là un moment, fixant Fai avec de grands yeux emplis d’étonnement. Non, il ne rêvait pas. Non, il n’était pas saoul. Non, il ne s’était pas cogné la tête.
Le froid et inexpressif Hong Kong, à l’air si sérieux, si silencieux, si mystérieux, était en train de…
Se photocopier le nez.

Une fois le choc de la surprise passé, Danemark parti dans un fou rire comme il en avait rarement eu. Certes, il riait souvent, mais pas à ce point. Il aurait pu se rouler par terre, se tordre de rire, mais quelque chose d’encore plus infâme lui traversa l’esprit.
Et de crier il n’arrêta :

« VENEZ VOIR ! OH MON DIEU, C’EST TORDANT. J’Y CROIS PAS ! »
« Danemark, tais-toi imbécile, on travaille. »

Impassible Norvège. Danemark s’en fichait. Il raconterait ça à Islande. Juste pour se moquer de Hong Kong. Juste pour voir sa réaction.
Fai, de surprise de voir quelqu’un entrer alors qu’il avait le visage collé à la photocopieuse, redressa rapidement la tête, se cognant à l’étagère fixée au-dessus de la machine. Il appuya ses mains sur le sommet de son crâne, cherchant à atténuer la douleur. Il fixa le Nordique, d’un air mauvais.

« I hate you, dude. »
« Fais pas la gueule l’Chinois ! J’savais pas que tu avais ce genre de passe-temps ! »
« … »
« Peu importe, j’ai un paquet pour Ice. Je sais que ça te ferait plaisir de lui apporter après le boulot, hein ? Moi j’emmène Norge quelque part, alors tu comprends… Voilà. »
« … Oh fuck. »
« Allez, tu peux bien faire ça ! Pour Ice ! »

L’Asiatique se saisit du paquet et sortit de la salle. Décidément, le Danois l’énervait au plus haut point. Le problème, c’est qu’il était de la famille d’Islande. Hong Kong aimait bien Islande. Et Danemark le savait. Et il en profitait.

18 h 00 : fin du travail.

Hong Kong rangea ses affaires dans son sac, prit le paquet d’Islande et quitta le bureau. L’Hiver régnant, la nuit était déjà tombée, et les pas de Fai crissaient dans la neige gelée. Il ne lui fallut que peu de temps pour arriver à la maison Islandaise, assez proche du bureau. Il entra, frottant ses pieds sur le paillasson, et referma la porte. Ne trouvant pas son ami au rez-de-chaussée, il monta à l’étage. Ni dans sa chambre, ni aux toilettes. Donc…

« Yo Emil. »
« … FAI ?? TU SAIS PAS FRAPPER À UNE PORTE ?? »

Rouge de honte, Islande vira Hong Kong de la salle de bain à coup de pieds. Décidément, c’était une journée pleine de surprises… Le plus jeune Nordique venait de se faire surprendre, des bigoudis accrochés dans sa chevelure argentée, en train de s’admirer dans le miroir. Un sourire légèrement, voire totalement, moqueur s’afficha sur le visage Hongkongais.

« Dan’ m’a genre, filé un paquet pour toi. »
« …… Ah oui ? »
« Ouais, alors j’suis genre, venu te l’apporter. »
« C’est pas une raison pour entrer dans ma salle de bain sans frapper. »
« J’ai genre, pas frappé non plus pour entrer dans ta maison… »
« C’est pas mieux ! »

Emil sortit de la salle de bain, attrapant au passage le paquet lui étant destiné. Il réprimanda Fai plusieurs fois encore, avant de l’inviter à manger quelque chose.

19 h 00.

Hong Kong avançait dans la rue, se dirigeant vers la supérette du coin. Après avoir discuté de sa journée, en oubliant le passage de la photocopieuse, autour d’un bon chocolat chaud ( Nesquik, s’il vous plaît ) avec Islande, il était parti, afin d’acheter de quoi faire à manger pour ce soir. Puis il rentra, fatigué, content de retrouver son foyer et sa tranquillité.
Il rangea ses quelques courses, se servit une tasse de thé et alla se poser sur son canapé, cherchant un peu de repos avant le dîner. Après quelques instants à être resté ainsi, les yeux fermés, il sentit deux bras l’enlacer de derrière, comme si on le serrait contre un petit cœur, plein de vie, battant et chaud.

« Bro’, après le dîner, tu me racontes ta journée ? »
« Of course Sis’. Like every day. »

Un sourire fraternel s’afficha sur son visage.

Défis:
 
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MessageSujet: Re: Quelques phrases, une Vie Ven 20 Jan - 10:26

Raconte-nous une histoire !

La nuit avait gagné le petit village depuis un moment déjà. Dans une certaine maison, trois enfants jouent tranquillement dans le salon.
L'aîné est un jeune garçon à l'air calme et chaleureux. Portant une robe d'un bleu royal, il est assit sur le canapé, lisant tranquillement un livre.
Sur le tapis, un petit garçon est allongé. Il dessine des formes étranges, repoussant de temps à autres les mèches brunes qui lui tombent dans les yeux.
Une petite blonde, certainement la plus jeune, le regarde dessiner, les yeux brillants. Le silence est roi, seulement rompu par les quelques coups de crayons du petit garçon.
Puis, doucement, la porte s'ouvre, laissant entrer une jeune femme à l'air maternel. Elle s'avance vers eux, avant de déclarer :

" Allez tout le monde, au lit ! "

Les trois enfants lèvent alors le regard vers elle. L'aîné rebaisse très vite ses yeux vers le livre, se remettant à lire, tandis que la petite fille tend les bras vers la jeune femme.

" Mais maman, je n'ai pas terminé mon livre... "
" Maman, je veux une histoire ! "

Leur mère se mit alors à sourire doucement, se baissant pour prendre la plus jeune dans ses bras. La serrant contre son coeur, elle déclara :

" Très bonne idée, Emily. Et si je vous racontais une histoire ? "

Le plus vieux ferma alors son livre, arborant un grand sourire.

" C'est effectivement une bonne idée. "

Comme signe d'approbation, le petit brun se contenta de lever les bras, laissant ses grandes manches tomber en avant. Les trois enfants s'installèrent alors, confortablement assis sur le tapis, fixant leur mère en attendant leur histoire. Elle leur tapota la tête doucement.

" Alors, laquelle vous voulez ? "

Rapidement, ils se manifestèrent, voulant chacun leur propre histoire.

" Celle du jeune homme éperdument amoureux. " Fit l'aîné, portant une main à son coeur.
" Celle du dragon aux feux d'artifice. " Dit le plus jeune des garçons, croisant les bras.
" Moi je veux celle du bonhomme super fort qui sauve la jeune fille ! " Déclara Emily, avant de porter ses mains à ses joues.

Après toutes ces demandes, le silence s'installa dans la pièce. La jeune femme soupira, trouvant un moyen de tous les satisfaire.

" Bien, et si je vous en racontais une nouvelle, plutôt ? Et après, tout le monde au lit ! "

Les enfants acquiescèrent, puis le silence s'installa à nouveau, laissant leur mère commencer son récit.

" Bien, alors...

C'est l'histoire d'une jeune fille, qui attendait en secret son grand amour....

Elle s'appelait Emy. Seule dans sa maison, elle s'ennuyait à mourir. Alors, pour passer le temps, elle essayait sans cesse de nouveaux plats.
Et chaque dimanche, lorsque son frère, Tao, venait lui rendre visite, elle lui faisait goûter son nouveau plat. Et toujours, Tao s'exclamait avec des yeux remplis de tendresse :

" ......... C'est bon... Tu m'passeras la recette ? "

Et les semaines passèrent, puis les mois, puis les années.
Emy grandissait, et son ennui avec. Puis un dimanche, alors qu'elle attendait son frère comme toujours, il ne vint pas. Et ce fut pareil le dimanche d'après. Et encore celui d'après.
Inquiète, elle s'aventura hors de chez elle, afin de se rendre à la demeure de Tao. Elle y arriva après une journée entière de marche !
Comme elle frappait à la porte mais que personne ne répondait, elle entra et...
........
Découvrit avec horreur que son frère avait en fait une relation homosexuelle avec le fils du roi, Nathanaël !!!


Les deux plus jeunes enfants fixèrent leur mère d'un air complètement blasé, tandis que l'aîné, bien qu'amusé par la tournure que prenait l'histoire, lâcha un petit soupir.

" Maman... "

La jeune femme croisa les bras sur sa poitrine, fronçant les sourcils.

" Mais quoi ? Si mon histoire ne vous plaît pas, c'est directement au lit ! "

Alors le silence s'installa de nouveau. Satisfaite, elle essuya à l'aide d'un mouchoir le liquide rouge qui coulait doucement de son nez, avant de reprendre.

" Bien, où en étais-je... ?

Ah oui !
Donc, Emy, bouleversée par ce qu'elle venait de voir, s'enfuit, ne sachant plus quoi penser. Les yeux emplis de larmes, elle ne vit pas l'homme qui passait à ce moment-là - par pur hasard - et se heurta contre lui.
Elle s'excusa alors et...
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit un visage magnifique, illuminé par le soleil, le vent dans ses cheveux d'or, un regard bleu comme la plus profonde des mers et un sourire à tomber par terre !
Il tendit sa main vers elle, doucement.

" Vous n'avez rien, gente demoiselle ? "
" N-Non... Merci... " Dit-elle timidement avant de prendre sa main.

C'était lui ! Le grand amour qu'Emy attendait en secret depuis son enfance !
Quelques mois plus tard, il se marièrent.
Puis ils eurent beaucoup d'enfants et voilà.


La jeune femme joignit ses mains, avant de sourire aux enfants.

" Terminé ! Alors, comment c'était ? "

L'aîné, la larme à l'oeil, passa une main dans ses cheveux.

" Merveilleux. "

Mais le plus petit ronchonna, s'agrippant au bras de sa mère.

" C'est pas juste ! Moi j'suis genre un méchant frère omosaicsuel ! "

Elle ria un peu, puis frotta doucement sa tête, souriant.

" Voyons, il ne s'agissait pas de toi, Fai... "
" Il avait le même nom que moi genre ! Tao ! Comme Fai Tao ! " S'exclama-t-il, fronçant les sourcils.

Alors la petite blonde, ouvrant de grands yeux, pointa son frère du doigt.

" Bro' ! Je savais que tu étais amoureux de Nataniel ! Je le savaiiiis ! "
" Voyons, je n'ai jamais dit que Natani- " Elle fut coupée par Fai, qui avait bien l'intention de ne pas se laisser faire.
" Et toi alors ? Avec Francis ! Notre frère genre ! "

Entendant cela, Emily tira la langue à son frère, tandis que le prénommé Francis sourit, cachant à peine ce grand sourire avec sa main.
Elizavéta, leur mère, posa ses mains sur ses hanches.

" Allons, allons. Ça suffit. Je vous ai dit que ce n'était pas vous. Vous vous souvenez de votre promesse ? Hop, au lit ! "

Les trois enfants s'exécutèrent, montant rapidement dans leur chambre et se couchant dans leur lit. La jeune femme se baissa et déposa un baiser sur chaque petit front. Puis, avant de sortir de la pièce, elle se tourna vers eux, un grand sourire maternel affiché sur son visage.

" Et faites de beaux rêves... "

délire:
 
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MessageSujet: Re: Quelques phrases, une Vie Mer 25 Jan - 22:09

    The Last Revolver




    Je suis rentrée, comme à mon habitude. Tu me connais, n'est-ce pas ?
    Je suis allée directement dans ma chambre, sans me retourner.
    Il y avait un paquet bleu et blanc posé sur les draps de mon lit. Il n'avait comme indication qu'un simple message.
    Je l'ai ouvert, mais je savais déjà ce qu'il y avait à l'intérieur.
    Un revolver.
    Les munitions étaient placées dans un étui de cuir. Je fixai longuement le contenu du paquet, avant de prendre entre mes mains délicates l'arme.
    Elle était belle, c'était le revolver parfait. Parfait pour une fin.
    Le dernier revolver.
    Tu sais déjà ce qui t'attends, je m'en doute. Cependant, pourquoi...

    J'aimerais retourner en arrière. Remonter le temps, et tout reprendre à zéro. Tu te souviens du festival, cet été ?
    Je voudrais tellement que tu m'y emmène à nouveau, afin qu'on contemple tous les deux, main dans la main, les feux d'artifice que j'aime tant.
    Je suis désolée pour ça, pardonne-moi. Mais tout ça n'est plus possible. Après tout, nous n'avons rien en commun, et ce depuis le début de notre histoire.

    C'est sous un cerisier, je me souviens, que nous nous sommes rencontrés.
    Combien même je suis l'incarnation du Diable et toi de la Justice, je suis tombée amoureuse.

    Tout est de ma faute, je le sais. Alors que ce revolver est levé vers toi, pourquoi ce sourire plein de gentillesse ?

    Je me souviendrais toujours de ce jour de printemps où je t'ai rencontré.
    Je me souviendrais toujours de ces moments passés avec toi cet été.
    Je me souviendrais toujours de cette nuit froide d'automne où nous ne sommes devenus qu'un.
    Je me souviendrais de tout depuis le début, jusqu'à ce jour d'hiver où je mets un terme à tout ça.

    Tu sais, ce n'est pas la première fois que je tire sur quelqu'un.
    Mais c'est la première fois que je le fais alors que de mes yeux coulent d'innombrables larmes.
    Alors que je suis postée devant toi, mon doigt relève la gâchette.
    Mon index tremble un peu. Je te murmure une dernière fois que je suis désolée, et tu me réponds...

    ...

    Si nous pouvions tout recommencer à zéro, est-ce que tu m'emmènerais au festival ? Est-ce que nous verrions les feux d'artifice ? Est-ce que tu me dirais " je t'aime " comme avant ?
    Ne t'inquiète pas, nous nous reverrons sûrement bientôt. Promets-moi que nous serons ensemble pour l'éternité;

    C'est ce que nous nous sommes toujours dit, après tout.


Ma Chère,
Je sais que tu feras bon usage de ces deux balles.
Je te fais confiance.
Santa.
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MessageSujet: Re: Quelques phrases, une Vie Jeu 26 Jan - 18:10

La Tailleuse de Macao



    Allez, mettons-nous au travail.


Je tiens une petite boutique dans ma ville natale. Je connais tous les gens du quartier. Mais il y en a un en particulier qui a attiré mon attention.

Ces ciseaux dorés que je manie d'une main, je les tiens de ma mère.
Je suis la Tailleuse de Macao, et je t'attends, mon amour.

Aujourd'hui tout semble gris autour de moi. Je t'ai aperçu dans la rue. À côté de toi se tenait une jeune fille que je ne connaissais pas. Pourquoi ?
Elle avait de magnifiques cheveux d'argent, retenus en arrière par un ruban immaculé qui semblait aussi pur que la " moi " d'autrefois.
Tu as l'air tellement heureux, c'est la première fois que je te vois sourire.
Alors c'est ça, ton genre de femme ?

Ces ciseaux dorés que je manie d'une main, je les tiens de ma mère.
Je suis la Tailleuse de Macao, et je t'attends, mon amour.

Alors que mes ciseaux coupent le tissu blanc, et que mon aiguille fait des allers-retours;
Tant de larmes coulent sur mes joues.
Reviens vite à la maison, je t'en prie.

Aujourd'hui tous semblent inquiets. Une jeune fille a été tuée.
Je t'ai vu sur le pont, tu semblais triste. Mais à tes côtés, une femme te réconfortait.
Elle portait des lunettes et de longues couettes blondes.
Alors c'est ça, ton genre de femme ?

Ces ciseaux dorés que je manie d'une main, je les tiens de ma mère.
Je suis la Tailleuse de Macao, et je t'attends, mon amour.

Alors que je coiffe ma longue chevelure, je remarque dans le miroir que mes yeux sont rouges et gonflés.
Reviens vite à la maison, je t'en prie.

Aujourd'hui la ville est sans dessus-dessous. Un autre meurtre a été commit.
Je t'ai vu devant une boutique de fleurs, tu offrais des pivoines à une petite brunette.
Mais qu'est-ce que tu fais ?
Alors c'est ça, ton genre de femme ?

Ces ciseaux dorés que je manie d'une main, je les tiens de ma mère.
Je suis la Tailleuse de Macao, et je t'attends, mon amour.

Cet imprimé fleur sur ma longue robe est magnifique, n'est-ce pas ?
Reviens vite à la maison, je t'en prie.

Aujourd'hui on parle de meurtres en série. Qui a bien pu faire une chose pareille ?
Je t'ai croisé devant le cimetière, mais tu ne m'as pas reconnue.
Ma mère m'a toujours dit de donner le meilleur de moi-même. Elle m'a offert ces ciseaux pour que je taille les meilleurs vêtements au monde.
Je vais être ton genre de femme.

Ces ciseaux dorés que je manie d'une main, je les tiens de ma mère.
Je suis la Tailleuse de Macao, attends-moi, mon amour.

En hâte, j'ai fais demi-tour. Je suis retournée chez moi.

Aujourd'hui j'ai mis les plus beaux vêtements, deux couettes attachées par un ruban immaculé, une paire de lunettes rouges et les plus belles pivoines au monde.
Je suis ton genre de femme, n'est-ce pas ?

Ces ciseaux dorés que je manie d'une main, je les tiens de ma mère.
Je suis la Tailleuse de Macao, je suis là, mon amour.

Aujourd'hui la ville est morte d'effroi. Cette fois-ci, c'est un homme qui a perdu la vie.
Tiens, je n'avais jamais remarqué que mes ciseaux avaient cette couleur...

Lorsqu'enfin tu as posé ton regard sur moi, " Je suis enchanté " furent tes mots d'amour.
Mais, tu sais, c'est impardonnable. Tu me parles comme si j'étais une étrangère.

Ces ciseaux dorés que je manie d'une main, je les tiens de ma mère.
Je suis la Tailleuse de Macao, ma mère serait fière de moi.
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MessageSujet: Re: Quelques phrases, une Vie Ven 27 Jan - 10:56

Paper Plane
Chapter 1

    Je ne me souviens plus de ma vie d'avant. De ce que je faisais, autrefois. D'après les médecins, je ne suis ici que depuis quelques mois. Alors pourquoi ? Tous mes souvenirs sont enfermés dans une boîte sombre, blanche. Je ne sais même pas pourquoi je suis ici. Je sais juste mon nom. Rien de plus. Quand suis-je née, déjà ?

    " Mademoiselle Tao, votre frère est arrivé. "

    Au seuil de la porte se tenait une jeune femme portant une longue blouse blanche. Elle souriait, me fixant de ses yeux n'ayant pourtant rien d'amical. Mais que sais-je du monde, de toute façon ? J'avais juste cette impression, que ce sourire était pour elle une habitude. Oui, elle devait toujours sourire à ses patients, comme tous les infirmiers ici, je suppose.
    Je déteste cet endroit.

    L'infirmière referma la porte, après que Chine soit entré, tout souriant, des sacs dans une main et un bouquet de pivoines dans l'autre. Il avança vers moi, avant de poser les sacs au sol et de me frotter la tête.

    " Ni Hao ChanChan. Ça va ? Je t'ai apporté de nouvelles fleurs aru. Regarde, celles-ci semblent être fatiguées aru. "

    Il regardait le vase qui trônait sur la table de chevet. Les pivoines qu'il avait apporté la dernière fois semblaient baisser la tête. Oui, elles étaient fatiguées. Tout comme moi.
    Il alla alors prendre le vase, et remplaça les fleurs fanées par les nouvelles, après avoir changer l'eau. Elles étaient incroyablement belles, mais je ne ressentais rien en les voyant. Car après tout, il les changeait toutes les semaines.
    Gege vint s'asseoir à mes côtés, tandis que je me redressais, me frottant légèrement les yeux.

    " Je vais te brosser les cheveux aru. "

    Il se leva et partit dans la petite salle de bain de ma chambre. Ouvrant un tiroir, il prit la brosse à cheveux dont je ne me servais jamais, et revint à sa place, commençant à passer lentement la brosse dans mes mèches brunes. Un frisson parcourut mon corps. J'avais horreur de ça. C'était désagréable. Ça tirait, par moment. Mais un sentiment de nostalgie prit place dans mon coeur. Est-ce qu'il me brossait les cheveux de cette façon, avant ? Je ne sais plus.

    " Tu sais ChanChan, tout le monde pense beaucoup à toi aru. Tu nous manque. "

    Je n'y croyais pas du tout. Je regardais mon poing se serrer instinctivement. Personne. Personne ne venait me voir à part Gege. Je ne me souviens de rien, pourtant, je me souviens d'eux.
    De Corée qui m'exaspérait. De Japon que j'ai toujours haïs. De Taïwan et de son sourire rayonnant. De Thaïlande et de son calme reposant. De Vietnam, qu'il ne fallait pas énerver. De Macao et de ses blagues insupportables.
    Même si j'apprécie le calme et la solitude, j'aimerais tellement les revoir. Tous. Au moins une fois.
    Je jetais un oeil dehors, alors que Gege continuait à brosser mes longs cheveux lisses.

    " ....... Ils ne viennent jamais me voir. "

    Je le sentis s'arrêter. Mais je ne tournai pas la tête. Je regardais dehors. Ce dehors que je n'avais jamais vu. Ou du moins, dont je ne me souvenais plus.

    " ChanChan... Ils sont tous très occupés aru... "
    " Menteur. "

    Je serrai mes deux poings, cette fois. Occupés ? Quelle blague. Je suis sûre que Chine devait être le plus occupé de tous. Mais il était le seul à venir. Est-ce que ça les soulageaient que je sois ici ? Enfermée ? À être dépendante de tous ? À devoir sans cesse m'accrocher, me reposer sur les autres ? Je ne pouvais rien faire.
    Étaient-ils plus tranquilles, maintenant ?
    Quelle charge d'aller voir une malade à l'hôpital. Est-ce que je serais aller les voir, moi, s'ils étaient dans mon état ? Prisonniers de la maladie ? Je ne sais pas. Après tout, je ne peux pas m'imaginer dans une autre situation.
    Je ne me souviens même plus de l'apparence de mon ancienne chambre. J'espère qu'au moins, elle était moins morne, moins blanche, moins froide.

    " ChanChan, je t'ai apporté à manger aru ! "

    Je tournai le regard vers lui. Gege déposait quelques sacs devant moi, avant de les ouvrir et de sortir des plats préparés sans doute par ses soins. Il aimait faire la cuisine, je le sais. Il prit un plateau et déposa le tout sur la couverture, avant de me tendre une paire de baguettes.

    " L'infirmière m'a dit que tu te nourrissait mal aru. Ce n'est pas bien, ChanChan. Tu dois manger pour être en bonne santé aru ! "

    Je pris les baguettes avant de fixer un instant mon frère. En bonne santé ? Quelle santé ? Se moquait-il de moi ? Le pire, c'est que ce n'était pas le cas. Gege a toujours été comme ça. Maladroit. Mais je l'aimais aussi comme ça, après tout. Je regardais les deux baguettes. Elles étaient blanches, en plastique solide. Propres et brillantes, le nom " Hong Kong " était gravé dessus, en Mandarin. Un dialecte différent du mien, mais sans doute celui que mon frère connaissait le mieux.

    " Gege, je veux une fourchette. "

    Je vis son visage se crisper, alors qu'il fronçait les sourcils. À vrai dire, je m'attendais à ce genre de réaction. C'était assez évident de sa part, je pense.

    " ChanChan ! Les fourchettes ne sont pas pratiques aru. Mange avec tes baguettes, s'il te plaît. Je les ai lavées aru. "
    " Quand je demande une fourchette ici, ils m'en apportent toujours une. "

    Il poussa un long soupir. Je sais que je lui donnais du fil à retordre. Je sais que je lui faisais du mal. Pourtant, à ce moment là, j'avais décidé de ça. Je voulais manger comme j'en avais l'habitude, autrefois, sûrement. Je ne me souviens pas, mais je réagis ainsi. Peut-être qu'on s'est souvent disputés, lui et moi. Nous sommes l'opposé l'un de l'autre. Alors pourquoi est-ce que j'aime tant lorsqu'il me rend visite ?
    Il demanda une fourchette aux infirmiers. Malgré mes caprices, il faisait tout pour moi. Je ne sais pas si c'est son rôle de grand frère qui l'y oblige. Mais il le faisait. Après une petite attente passée dans le silence, mon infirmière habituelle vint dans la chambre, déposer une fourchette et un couteau sur le plateau qui tenant en équilibre sur mes jambes recouvertes de la couverture. Elle demanda poliment si j'avais besoin d'autre chose, mais mon frère s'empressa de lui dire que nous avions besoin d'être seuls. Après un petit salut poli de la tête, elle sortit, comme elle était entrée.
    Je commençai alors à manger, goûtant chaque plat que Gege m'avait apporté. Du riz, des raviolis vapeur, du poisson, des légumes, tout était délicieux. C'est vrai. Mon frère était un vrai cordon bleu. Pourtant, je gardais ce regard neutre en mangeant. Je crois que je n'avais plus la force de sourire. Plus la force de rien. Pourtant, je voulais que mon frère m'accorde un dernier caprice.

    " Et comme je sais que tu adores les beignets au chocolat, je t'en ai fais aussi aru ! "

    Comme j'avais fini tous mes plats, il déposa devant moi deux beignets sucrés, dont l'odeur était agréable et douce. J'en pris un avant de mordre dedans, savourant doucement chaque bouchée. Voilà ce que je préférais. Je pense qu'il s'agissait là d'un de mes derniers plaisirs que la vie pouvait encore m'offrir. Manger ce que je préférais en compagnie de mon très cher grand frère. Malheureusement, c'est toujours les meilleurs moments qui se terminent les plus vite.

    " Je vais devoir y aller ChanChan. Je repasserais te voir très vite aru. "

    J'hochai la tête, fixant mon frère de mes yeux noisettes. Je n'aimais pas le voir partir. Il était le seul capable de me changer les idées dans cet endroit froid et sinistre. Cet hôpital était entièrement blanc et incroyablement lumineux, mais il était à mon coeur l'endroit le plus sombre qui puisse exister en ce monde.
    Gege rangea tout, jetant les sacs plastiques à la poubelle, récupérant ses plats qu'il nettoierait sans doute de retour chez lui. Il arrangea une dernière fois les fleurs avant de venir déposer un baiser sur mon front.

    " Je reviendrais bientôt, ChanChan. Repose-toi bien aru. "

    Puis il sortit, m'adressant un dernier sourire et un petit signe de main chaleureux. Et referma la porte.
    De nouveau seule dans cette horrible pièce, le silence régnait. De nouveau, je tournai mon regard vers la fenêtre.
    Oui, la prochaine fois, je lui demanderai de m'y emmener.

    " Mademoiselle Tao, il est l'heure de votre piqûre. "


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MessageSujet: Re: Quelques phrases, une Vie Sam 28 Jan - 19:08

Paper Plane
Chapter 2

    Le matin se lève à nouveau. L'infirmière qui m'a fait ma piqûre habituelle m'a dit qu'il était prévu du beau temps pour aujourd'hui. Tant mieux. Peut-être est-ce le bon jour pour lui demander. Il ne devrait pas tarder.

    " Mademoiselle Tao, il y a quelqu'un pour vous. Votre frère. "

    Je tournai la tête vers la porte, arrêtant de fixer l'extérieur. J'en n'en crû pas mes yeux. Je ne sais pas combien de temps je l'ai fixé ainsi. Une minute ? Peut-être deux ?
    Ce n'était pas Gege. Mais ce n'était pas un inconnu. Je connaissais son visage. Depuis quand ? Depuis quand s'intéressait-il à moi ? Il était comme les autres, alors j'ai retourné ma tête vers la fenêtre, l'ignorant.

    " Chan-Hua... Je suis venu te rendre visite. Tu vas bien ? "

    Si je vais bien ? Etait-ce une autre de ses blagues insupportables ?
    Je ne répondis pas. Il tenait en ses mains un bouquet de pivoines, mais ce n'était pas celles de Gege. En silence, il changea les fleurs, puis il vint s'asseoir à mes côtés.

    " Grand frère Chine ne peut pas venir aujourd'hui. "

    Je fixai toujours l'extérieur, l'écoutant à moitié.

    " Tu sais, il est très occupé par son travail et... "
    " Wei. "

    Je tournai la tête vers lui, le fixant dans les yeux. C'était mon petit frère, Macao. Bien évidemment, j'étais heureuse de le revoir enfin. Après tout ce temps. Combien de temps, déjà ?
    Mais je lui en voulais. Je lui en voulais de ne pas être venu plus tôt. Comme tous les autres. Je suis certaine qu'il n'y avait que Gege qui pensait réellement à moi. D'ailleurs, j'étais même persuadée que c'était lui qui avait demandé à Wei de venir me voir. Peut-être qu'il savait que son travail l'occuperait trop aujourd'hui, mais ce n'était pas la première fois.
    C'était, en revanche, la première fois qu'il demandait à quelqu'un de venir me voir.
    Alors Gege ou pas, j'allais demander.

    " Oui, Chan-Hua ? "
    " Emmène-moi voir l'extérieur. "

    Le silence s'installa, encore une fois. Je le fixais, insistante. Je ne me souvenais plus de ce qui se trouvait autour de moi. Le ciel, l'herbe, le vent, le bruit...
    Comme me l'avait dit l'infirmière, le temps était au beau fixe.

    " Mais Chan-Hua, tu n'es pas en état de... "
    " Ce n'est pas une question. "

    J'insistais. Je voulais y aller, plus que tout. En état ? J'avais bien assez de force pour sortir. Il ne m'en empêcherait pas. J'en avais assez d'être enfermée dans cette chambre.
    Assez d'être prisonnière.

    " Tu es sûre que c'est une bonne idée ? "
    " Je suis sûre que ça ira. Je veux y aller. S'il te plaît, fais-le pour moi, Wei. "

    Je le voyais bien, qu'il hésitait. Il se frottait la nuque, me regardant de haut en bas. Je détestais ça. J'avais l'impression qu'il me dévisageait, qu'il me jugeait. Après tout ce temps.
    Pour lui prouver que j'étais capable de parvenir à mes fins, je retirai la couverture, laissant apparaître mes jambes. Elles étaient encore plus fines qu'avant, presque maigres. Ma peau était devenue plus pâle. Encore plus blanche que d'habitude.
    Evidemment, lorsque l'on ne se sert pratiquement jamais de nos jambes, elles dépérissent.

    " Chan-Hua, tu devrais vraiment rester allong... "
    " Tais-toi. "

    Ce qu'il m'agaçait ! Je savais ce que je voulais. Et quand on veut, on peut ! Alors je me tournai, posant mes pieds au sol. Puis, je poussai sur mes bras et me levai sans encombres. Pour qui me prenait-il ? Evidemment, je n'étais pas debout souvent. Mais je me levais tous les jours. Il croyait quoi ? Que j'étais assistée ? Qu'on me donnait la douche et qu'on m'emmenait aux toilettes ? Cette seule idée me répugnait. Et pourtant, il semblait surpris de me voir levée.

    " Qu'est-ce que tu t'imaginais ? "

    Avant même qu'il ne me réponde, je me dirigeai vers la penderie pour prendre des vêtements. Une armoire métallique, blanche, comme le reste de cet enfer immaculé.
    Puis je lui fit signe de s'asseoir, pendant que j'allais m'habiller dans la salle de bain.
    Puis je sortis. Il se leva, me fixant.

    " Je vais chercher un fauteuil. "

    Puis il sortit. Je ne pu cette fois-ci pas protester. Je pouvais me lever et m'occuper de moi, certes.
    Mais je ne pouvais pas faire beaucoup d'efforts. Je devais accepter de rester assise, mais qu'importe, puisque j'allais enfin sortir.
    On frappa à la porte. Je me dirigeais vers le cadre de bois peint pour l'ouvrir. Wei se tenait là, avec un fauteuil.

    " Assieds-toi. "

    Sans attendre, j'hochai la tête et prit place. Ce n'était pas le fauteuil le plus confortable que j’eus utilisé, mais ça suffirait. Wei commença à me pousser.

    " C'est partit. "


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MessageSujet: Re: Quelques phrases, une Vie Dim 29 Jan - 3:01

Paper Plane
Chapter 3

    L'air était frais. Incroyablement frais. Le petite brise que je ressentais sur ma peau était tellement agréable. La lumière était encore plus belle qu'au travers de ma fenêtre. La chaleur du soleil venait caresser doucement ma peau, tandis que je me laissais bercer par le bruit de l'herbe qui pliait sous le vent. Au fur et à mesure que Wei me poussait en avant, j'avais l'impression de devenir de plus en plus forte, de pouvoir aller de plus en plus loin. Enfin je respirais. Le ciel me semblait plus grand que jamais. Et plus je sentais les roues du fauteuil parcourir le petit chemin de terre, plus je sentais que l'enfer s'éloignait de moi. L'hôpital rétrécissait, bientôt on ne le verrai plus. Le paradis s'ouvrait à moi, tandis que toutes les odeurs de la campagne venait emplir mes narines. L'herbe fraîchement coupée, la rivière, les animaux... Tout ceci, je le redécouvrais. Comme si c'était la première fois. C'était comme une seconde vie.
    Oui, je renaissais.

    " Chan-Hua, est-ce que tu te sens bien ? Tu veux qu'on s'arrête ou.. "
    " Encore. "
    " Pardon ? "

    Il remonta ses lunettes.

    " Avance, encore. Plus loin. "

    Il hocha la tête, puis se remit en marche. Je ne voulais plus m'arrêter. Plus jamais y retourner. Je voulais aller tout droit, toujours tout droit. Voir le monde. Voir dehors. L'idée de retourner à cette chambre m'effrayait, même si au fond de moi, je savais bien que j'y retournerais.
    Dans deux heures, tout au plus.
    Alors je profitais à fond de chaque instant. Du paysage. De ces sensations oubliées. Mais il semblait que quelqu'un cherchait à m'arrêter. Encore. Comme toujours. Parce-qu'on ne me laissera jamais faire ce que je veux. Parce-que mon chemin est tracé. Je ne sais pas vraiment. Mais une immense barrière se dressait devant nous, et par obligation, nous dûmes nous arrêter.
    À vrai dire, c'était assez impressionnant. Cette barrière était tellement immense. Elle faisait bien trois fois ma taille, si ce n'est plus. Et elle semblait agressive. Elle était barbelée, il était impossible de passer au travers. Jamais quelqu'un n'aurait pu traverser ça. Alors pourquoi avoir mit en place une telle barrière ? Pourquoi nous coupait-on la route ?
    Je fixais cette barrière, tandis que je poussais sur les accoudoirs pour me lever. Je posai un pied à terre, faisant un pas, puis deux.

    " Chan-Hua, tu ne devrais pas trop t'approcher... "

    Ignorant le conseil de mon petit frère, j'avançai, m'approchant encore. Elle m'intriguait. Je voulais savoir ce qu'elle faisait ici. Pourquoi cette séparation entre l'enfer et le paradis ?

    Je ne me rendais pas encore compte que l'enfer ne se trouvait pas de mon côté de la barrière.

    Je suivis un peu la barrière, voulant voir jusqu'où elle allait. Wei me suivait lentement, poussant le fauteuil vide. Il semblait inquiet, mais je ne m'en occupais pas. Derrière la barrière, il n'y avait rien. Rien que des gravillons, et un chemin de fer. J'aperçus au loin un bâtiment qui, à l'inverse de l'hôpital, était noir. D'un noir profond, et sinistre. J'avançai encore un peu, avant de m'arrêter devant la seule chose qui contrastait avec ce décor. Il contrastait, mais il semblait également tellement fondu... Tellement en accord.
    C'était un garçon. Un garçon à l'air sinistre. Il ne souriait pas, ne parlait pas. Il était en train de balayer les gravillons qui étaient sur la voie ferrée. Une drôle de chaîne reliait ses deux mains. C'était un garçon plus grand que moi, qui devait avoir à peu près le même âge. Il avait des cheveux bruns, légèrement en bataille, et une drôle de mèche plus longue et plus rebelle que les autres.
    Je ne sais pas pourquoi, mais ce garçon m'intriguait plus encore que tout ce qui m'entourait.

    " .... Wei, où sommes-nous ? "
    " ... C'est une prison, Chan-Hua. "

    Je me retournai vers lui.

    " Une prison ? "

    Il hocha la tête.

    " Pourquoi est-ce qu'une personne aussi jeune est-elle en prison ? "

    Il fronça les sourcils. Fixant le garçon enfermé, il resta silencieux. Son expression avait changé, je le trouvais bizarre, tout d'un coup. Il n'était pas naturel. Et sa façon de fixer le prisonnier était plus qu'étrange.

    " Wei.. ? "
    " Il a sans doute commit une faute irréparable. "

    Cet air si sérieux n'allait pas à Wei. Il semblait en colère. En colère contre le prisonnier. Le connaissait-il ? À vrai dire, son visage m'était familier. Mais il était impossible de me rappeler. Est-ce que je le connaissais, moi aussi ? Je m'approchai encore un peu.

    " Chan-Hua, rentrons. Nous ne devrions pas être là, Grand frère Chine ne va vraiment pas être content. "
    " ... Qui es-tu ? "

    Ignorant une nouvelle fois mon frère, je fixais le garçon. Au son de ma voix, il leva les yeux vers nous. Ils s'ouvrirent en grand, comme s'il venait de voir un fantôme. Il fixa un instant Wei, avant de baisser les yeux sur moi.
    Et ce qu'il fit me surpris. J'ai crû d'abord, qu'il allait me répondre. Mais il s'approcha juste et m'adressa un sourire rayonnant. Un sourire que mes souvenirs ne renfermaient pas. Un sourire comme je n'en avais jamais vu. Il tendit la main vers moi, en silence. Je ne bougeai pas. Je l'observai. Étrangement, je n'avais aucunement peur. J'attendais juste la suite. Mais Wei mit un terme au geste du prisonnier.

    " Chan-Hua, il est temps de rentrer. Il ne faut pas rester en si mauvaise compagnie. "

    Je me tournai vers mon frère. Il lançait un regard plus sombre encore que le bâtiment noir de la prison au garçon de l'autre côté de la barrière. Puis il me prit la main, avant de m'installer dans le fauteuil.

    " Mais, Wei je ... "
    " Chan-Hua, tu m'as demandé de t'emmener dehors, c'est fait. Mais il faut rentrer à présent, compris ? "

    Je n'avais plus le choix. Il commençait à se faire tard, et le soleil déjà redescendait. Une dernière fois, avant de repartir dans mon enfer, je lançai un regard au prisonnier. Et une nouvelle fois, il me sourit, bien que ce sourire semblait plus triste que le précédent. Puis, Macao poussa le fauteuil, m'éloignant de lui, m'éloignant de la prison, m'éloignant de la barrière. Et lentement, on se dirigeait vers l'hôpital.

    Après quelques minutes de marche, nous arrivâmes à l'affreux bâtiment blanc me servant de foyer. Nous entrâmes, et mon infirmière nous accueillit, prévenant d'un air légèrement sévère qu'il ne fallait pas partir sans autorisation. Je ne dis rien, alors Wei s'excusa pour moi, avant de me reconduire à ma chambre. De nouveau, j'étais prisonnière.
    Mon frère m'aida à m'allonger. J'étais fatiguée, et les efforts que j'avais fais dehors se sentaient. J'avais mal aux jambes, et ma respiration s'était quelque peu accélérée.

    Mais une seule chose occupait mon esprit.
    Il fallait que je retourne le voir.

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MessageSujet: Re: Quelques phrases, une Vie Dim 29 Jan - 4:18

Paper Plane
Chapter 4

    " Et donc j'ai... Dis ChanChan, tu m'écoutes aru ? "

    Je tournai la tête vers Gege. Alors qu'il racontait sa journée de travail, je fixais l'extérieur. Il était là-bas, derrière cet horizon. Ce garçon que j'ai vu l'autre jour. Je voulais le revoir. Parce-qu'il m'intriguait. Parce-qu'il m'avait sourit comme personne ne m'avait sourit ici. Parce-que je voulais savoir ce qu'il faisait là-bas. Chine fronça les sourcils.

    " Excuse-moi, Gege. J'étais dans mes pensés. "

    Il était en train d'éplucher une pomme verte, assis sur un tabouret à côté de mon lit. C'était l'une des habitudes qu'on avait, tous les deux. Discuter, alors qu'il m'épluchait une pomme. Je la mangerais ensuite, puis il irait discuter avec l'infirmière, pendant que je prendrais ma douche. Ensuite, il me raconterait une histoire, puis il rentrerait chez lui. À la maison. À cette maison où j'étais censée retourner. " Bientôt ", qu'ils disaient tous.
    Ça faisait cinq mois qu'ils me disaient bientôt. J'ai donc finit par me faire une raison.

    " Et donc, je lui ai dis " Ecoute-moi bien aru. Moi, je ne suis pas là pour plaisanter, j'ai une famille à m'occuper aru ! " Et alors là, il pouvait plus rien dire, parce-que lui, ma chère ChanChan, il ne sait pas ce qu'est une famille aru ! "

    Fièrement, il me tendit les quartiers de pomme qu'il avait épluchés et coupés. Moi non plus, à vrai dire, je ne me rappelais plus de ce qu'était une famille. Croquant le quartier, je songeais. Il y avait Gege, c'est vrai. Et Wei venait à présent me voir, quelques fois. Mais c'était tout.
    Que faisaient les autres, en ce moment ? M'avaient-ils vraiment oubliée ?

    " Bien. Il est temps de prendre ta douche, ChanChan. Je viendrais ensuite te raconter une histoire aru. J'en ai une nouvelle aru ! "

    J'hochai la tête, laissant Gege sortir de la pièce. Puis, finissant mes quartiers de pomme, je me levai. Puis, je me dirigeai vers la salle de bain. J'enlevai mon pyjama, puis entrai dans la douche.
    Puis j'allumais le robinet.

    ____________________________

    Je sortis de la chambre de ma petite ChanChan avant de m'enfoncer dans le couloir de l'hôpital aru. Il y avait beaucoup d'infirmiers et de médecins, des machines de tout genre et d'autres trucs que je ne connaissais pas aru. Mais tout ceci pouvais aider ma ChanChan aru. Le reste m'importait peu.
    Je me dirigeai vers le bureau du médecin de ma petite soeur. Frappant trois coups secs à la porte, j'entrai ensuite, prenant place sur l'une des deux chaises aru.

    " Bonjour, Sieur Wang. "
    " Bonjour. "
    " Il y a du nouveau concernant votre soeur. Son état de santé ne s'est pas amélioré, vous savez ? "

    Je baissai la tête. Evidemment, je m'en doutais aru. La maladie de Chan-Hua n'était pas une maladie incurable, mais c'était une maladie assez grave aru. Elle pouvait en mourir, comme elle pouvait en guérir. Mais je crois que le pire dans tout ça, c'est que cela ne dépendait en partie que d'elle aru. Il lui fallait de la volonté, de la force et beaucoup de courage.
    J'étais persuadé que ma ChanChan était assez forte pour combattre la maladie aru.

    " Je sais que c'est difficile pour vous, Sieur Wang. Mais votre soeur ne donne pas toutes ses forces dans ce combat. "

    Je relevai la tête.

    " Comment ça aru ? Ce n'est pas possible ! Je fais tout pour que ça marche aru ! Je m'occupe d'elle tous les jours aru ! Macao est même venu la voir ! Est-ce qu'il manque quelque chose aru ? Madame, que puis-je faire pour sauver ma soeur aru ?! "

    Les larmes me montèrent aux yeux. J'étais sensible, et mes émotions ressortaient facilement aru. Et c'était difficile, parce-qu'il fallait que je cache mon inquiétude à ChanChan. Je voulais juste qu'elle survive. Juste qu'elle reste. Parce-que si je la perdais, ce serait trop dur aru.
    Je ferais n'importe quoi, mais je vous en prie, laissez-moi ma petite soeur aru...

    " Bien sûr, vous faites tout votre possible, Sieur Wang. Mais le problème, c'est que Mademoiselle Tao n'est pas persuadée qu'il lui reste quelque chose à faire en ce monde. "
    " Comment ça aru... ? "
    " Je ne sais pas, elle parle très peu, vous savez. Il est vraiment difficile de faire la conversation avec elle, et elle cherche vraiment à éviter les discussions avec les infirmières. Elle garde tout pour elle. "
    " Je dois essayer de lui parler aru ? "
    " Essayez. "

    Je savais que ça allait être difficile aru. Ça allait être difficile, parce-que même à moi, ChanChan ne disait pas grand chose. Mais je devais le faire. Pour sauver mon trésor le plus précieux en ce monde.

    " Je le ferais aru. Je lui parlerais. "


    ____________________________

    Je sortis de ma douche, me frottant le corps et les cheveux. Puis, une fois bien sèche, je m'habillai, et sortit. À ce même moment, Gege entra dans la chambre. Il m'adressa un léger sourire, mais il me semblai que quelque chose n'allait pas. Je n'en était pas vraiment sûre, car après tout, mon frère pouvait être étrange, parfois.
    Mais pour ne pas changer nos habitudes, je pris place en silence, attendant le début de son récit. Mais quelque chose changea. Gege ne vint pas s'asseoir en face, mais à côté de moi. Puis il tapota ses genoux.

    " ChanChan, vient plus près aru... "

    Le fixant d'abord, hésitante, je finis par prendre place sur ses genoux, passant mes bras autour de son cou pour me stabiliser. Je n'étais pas vraiment rassurée, mais cela semblait lui tenir à coeur. Et je voulais que mon frère soit bien. Je ne voulais pas être une charge pour lui.

    " Je ne vais pas te raconter une histoire aujourd'hui aru... "

    Je reculai légèrement.

    " Pourquoi ? "
    " J'ai envie de discuter avec toi, plutôt... "

    Je le fixai, tandis que ses yeux bruns plongèrent dans les miens. Il semblait vraiment sérieux, alors je ne protestai pas. Il reprit alors.

    " Est-ce qu'il y a quelque chose qui te ferait plaisir, ChanChan ? "

    Le fixant toujours, je réfléchis. Oui, il y avait quelque chose. La prison. Je voulais y retourner. Mais est-ce que je pouvais lui demander ça ? Il semblait inquiet, et Wei m'avait bien fait comprendre que Gege n'apprécierait pas s'il apprenait notre petite sortie de l'autre jour. Alors je me tus.

    " Non, Gege. Je souhaite juste guérir et rentrer à la maison. "
    " Vraiment ? "
    " Vraiment. "
    " Alors... Tu vas résister, hein ? "
    " Evidemment. Ce n'est pas une bête maladie qui va nous séparer, Gege ! "

    Partie gagnée. Gege sourit de nouveau comme avant. Il déposa un baiser sur ma joue, avant de me poser délicatement sur le lit. Puis il frotta mes cheveux, se redressant.

    " Je t'aime énormément, ChanChan aru. "
    " Moi aussi, Gege. "

    Son sourire s'élargit encore. Je n'avais pas vraiment l'habitude de prononcer ces mots. Mais je sentais qu'il en avait besoin. Je ne sais pas s'il était juste fatigué par son travail, ou s'il était préoccupé par quelque chose.
    Mais ces mots étaient sortis naturellement de ma bouche.

    " J'y vais alors. Fais bien attention, et mange correctement aru. "
    " Promis. "

    M'adressant un dernier regard, il sortit de la pièce. J'attendis un instant, avant de me lever et de fouiller dans les tiroirs de ma penderie. Je pris un papier et un stylo, puis, m'appuyant sur la petite table métallique raccrochée à mon lit, je me mis à écrire. De simples mots, dans un anglais travaillé. La langue internationale. Car après tout, je ne savais rien de lui.
    Puis je plia la lettre, et sortit de ma chambre.
    Essayant de me faire le moins remarquer possible, j'avançai vers la sortie. Dehors.
    Je sortis enfin. Le vent frôla mon visage. Je respirai.
    Cette sensation était une pure merveille.

    Sans attendre, je commençai à marcher, droit. Toujours tout droit. Jusqu'à la barrière, jusqu'à lui. Et il était là. Je m'avançai encore, jusqu'à pouvoir toucher la barrière. Je ne savais pas s'il parlait ma langue, ni s'il me comprendrait. C'est pourquoi j'avais préféré l'anglais au Cantonais dont j'avais l'habitude. Je prit ma feuille pliée, puis lui donna une forme. Un avion.
    Reculant d'un pas, je tendis le bras et le laissa s'envoler vers la barrière. Le fixant, je n'espérait qu'une chose.
    Qu'il atteigne son destinataire. Virevoltant dans les airs, la feuille pliée faisait des loopings maladroit, avant d'enfin passer la barrière. Puis elle atterrit non loin du garçon, mais celui-ci ne semblait pas l'avoir remarquée. Je racla alors ma gorge, afin de signaler ma présence. Lorsqu'il leva la tête vers moi et qu'il me vit, un sourire se dessina sur son visage, comme si c'était un automatisme. Il se redressa et me fixa un moment. Alors, silencieusement, je désignai l'avion en papier du doigt. Tournant le regard vers le point indiqué, le prisonnier se baissa et attrapa l'avion avant de le déplier. Je restai là, l'observant.
    Et plus il lisait, plus il souriait. Il comprenait. Je ne sais pas pourquoi, j'étais tellement heureuse qu'il me comprenne. Il hocha la tête en ma direction. Et alors, je lui souris.
    Enfin, j'avais réussi à sourire, après tout ce temps. Ce premier et unique sourire lui était adressé, à lui. Je fis alors demi-tour.

    Je reviendrai.

    " Can I Talk with you ? "

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MessageSujet: Re: Quelques phrases, une Vie Dim 29 Jan - 23:14

Paper Plane
Chapter 5

    " Merci de vous être déplacé, Sieur Wang. "
    " C'est normal aru. "
    " J'ai une bonne nouvelle pour vous. "

    Je l'écoutais attentivement aru. Une bonne nouvelle aru ! Enfin !

    " L'état de votre soeur s'est nettement amélioré. "
    " C'est vrai ?! C'est super aru ! "

    Une joie immense m'envahit à ce moment-là. Ma petite ChanChan allait s'en sortir ! Je le savais aru ! Elle était vraiment forte. C'était la plus belle chose qu'il pouvait m'arriver en ce moment aru ! Ma petite soeur aru !

    " Cependant... "

    Mon sourire s'effaça. Cependant ? Il y avait quelque chose ? Je fixai le docteur, attendant la suite aru.

    " Votre soeur semble légèrement plus fatiguée. "
    " ... Fatiguée aru ? "
    " Oui, fatiguée. Peut-être fait-elle trop d'efforts, je ne peux pas vraiment vous en dire plus. "
    " Des efforts... ? Mais elle ne se lève que pour se doucher ou aller aux toilettes aru... "
    " Je le sais bien, Sieur Wang. Mais je pense qu'il vaudrait mieux qu'elle ne se lève plus du tout jusqu'à ce que nous soyons sûrs et certains qu'elle est sauvée. Par sécurité. "
    " Je comprends aru... "

    Je serrai la main du docteur avant de sortir de son bureau. C'était la dernière épreuve avant qu'elle ne guérisse aru. Et certainement la plus difficile. Car jamais, jamais ChanChan ne voudrait être assistée aru. Il fallait la convaincre aru.


    __________________________________

    Je serrais contre mon coeur la feuille de papier qu'il m'avait envoyé. Cela faisait plusieurs jours maintenant que j'allais lui rendre visite quotidiennement, en secret. Ses lettres réchauffaient mon coeur, alors que j'étais enfermée dans cet endroit si froid. Il écrivait tellement bien. Parfois, je me sentais sourire. Je crois même que le soleil arrivait enfin à atteindre ma chambre, alors qu'il l'évitait toujours auparavant. Pour la première fois depuis que j'étais ici, j'étais contente de vivre. J'avais quelque chose auquel me raccrocher. J'avais plus que jamais envie de combattre la maladie.

    J'embrassai la feuille encrée avant de la contempler à nouveau. Il fallait que je lui réponde. Je posai un pied à terre, lorsque la porte de ma chambre s'ouvrit.

    " ChaChan. C'est moi aru ! J'ai pu quitter le travail plus tôt aujourd'hui et j'ai... "

    Il se figea, tout comme je m'étais figée. Baissant le regard vers la lettre, il avança.

    " ChanChan, où est-ce que tu vas aru ? Qu'est-ce que c'est que ça... ? "

    Je m'empressai de remettre mes jambes sous la couverture, avant de serrer la feuille contre moi. Puis, je tournai le regard vers mon frère, le fixant dans les yeux.

    " Rien d'important. "
    " ChanChan ? C'est une feuille de suivi aru ? Un document donné par les infirmières ? Je peux voir aru ? "
    " C'est pas important, je t'ai dis. "
    " ChanChan, fais-moi voir aru. "
    " Non. "
    " ChanChan ! "

    Il s'avança et me prit la lettre des mains. Essayant de la récupérer, je m'accrochai de justesse au matelas, alors que mon corps allait tomber au sol. Relevant le regard vers Gege, je constatai son visage qui se transformait. Il fronça les sourcils, serra la feuille entre ses mains. Un air presque effrayant venait s'installer sur son visage.

    " ChanChan ! Tu es allée dehors aru ! Tu es allée jusqu'à la prison aru ! "
    " Gege je... "
    " Il ne faut pas y aller ChanChan ! Et en plus, tu parles avec un prisonnier aru ! "
    " Mais Gege, j'ai besoin de... "
    " Non ChanChan, c'est mal ! Les prisonniers sont dangereux aru ! En particulier celui-ci ! "
    " Il ne m'a rien fait de mal Gege, il est vraiment gentil et... "
    " Tais-toi ChanChan ! Je ne veux plus que tu y ailles ! Il faut juste que tu prennes soin de ta santé aru ! "
    " Mais je... "
    " PLUS JAMAIS ARU ! "

    Il froissa ma précieuse lettre entre ses deux mains, et sortit, me lançant un dernier regard. Puis, il ferma violemment la porte, laissant la feuille chiffonnée au milieu de la pièce. Je le fixais, sentant les larmes venir à mes yeux.
    Pourquoi ? Pourquoi Gege ne voulait pas que je parle avec lui ? Alors qu'il était mon rayon de soleil dans cet enfer ? Qu'avait-il fait de si mal ? C'était la première fois, je crois, que Gege me criait dessus ainsi....
    Une larme coula, puis deux. Je descendis doucement de mon lit, m’accroupissant afin de ramasser la feuille. Puis je la serrai contre moi.
    Ils n'avaient pas le droit. Personne n'avait le droit de m'empêcher de le voir.

    Après ces dernières semaines à avoir parlé avec lui, je crois bien que j'étais tombée amoureuse...

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