Hetalia Sweet Madness
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 Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo}

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MessageSujet: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Dim 18 Déc - 3:26

C'est pas très bien, mais bon. Si les avis sont bons, je la posterais sur mon FF.net. :3

"Et si une petite fille faisait fondre le cœur d’un Russe ?"

Vous savez, beaucoup de personnes disent qu’Ivan n’a pas de cœur ou juste un muscle gelé depuis des années à force d’oublier d’aimer. Si ces personnes avaient raison, à la naissance d’une ravissante enfant, son cœur avait dû dégeler et donc reprendre vie devant le visage adorable, aux traits doux et caressants de la jolie Romanov.

Vous avez donc compris ; je parle de la jeune Anastasia. Cette petite fille qui fit fondre toute la Russie et qui fût aussi son cœur. Ivan aurait tout donné pour un sourire de la jeune enfant. Tout. Il y tenait comme à la prunelle mauve de ses yeux, comme il tenait à ses sœurs, voir plus. Ivan aimait cette petite fille. Il l’aimait plus que n’importe qui.

Voilà, maintenant que vous savez à peu près les sentiments du Ruskov pour la fillette, je peux vous expliquer cette journée de décembre qui restera encrée dans la mémoire d’Ivan à jamais.

Il s’en occupait, comme chaque dimanche. C’était avec lui et lui seul qu’elle passait sa journée. Et ce jour-là, il neigeait. De gros flocons, de beaux flocons. Et il faisait aussi très froid et donc, on avait demandé à Anastasia de bien se couvrir. La petite avait obéi et c’est vêtue d’un manteau brun et d’une grosse écharpe qu’elle était sortie rejoindre le Russe qui l’attendait juste dehors. Celui-ci regardait les flocons qui tombait un par un pour se fondre dans la couche déjà importante du manteau blanc. Il se retourna en entendant la porte se refermer et lui sourit, avant de poser un genou à terre, tandis qu’elle s’approchait. Elle passa ses petits bras autour du cou du Russe, là où trônait l’écharpe qu’il ne quittait jamais, et doucement, il la serra contre son corps imposant. C’était comme ça chaque dimanche ; une étreinte silencieuse, voire même religieuse. Simple et sans mot, sans fioriture, juste un simple geste qu’eux seuls savaient apprécier à sa juste valeur. Ca signifiait la fin d’une semaine sans l’autre, une journée bien belle, mais aussi la fin de celle-ci et donc à nouveau la séparation pour sept longs jours. Finalement, Anastasia se détacha d’Ivan et lui tendit sa petite main. Le Russe se releva après l’avoir pris et ils se mirent à marcher, toujours aussi silencieusement.

Les deux marchèrent main dans la main, pieds dans la neige immaculée durant une bonne demi-heure quand l’enfant osa dire de sa petite voix :
- Dis, Ivan…
- Oui, Anastasia ?
- Pourquoi est-ce que je ne te vois que le dimanche ?
- Je te l’ai déjà expliqué, il me semble.
- Tu as menti, je sais très bien que tu n’as pas une maladie bizarre qui t’oblige à dormir les 6 autres jours de la semaine.
- Ahah… Qui t’as donc révélé mon secret ?
- Ta grande sœur.
- Mh… Alors je vais t’expliquer, ce que je fais quand je suis loin de toi. Mais d’abord, viens, allons nous asseoir un peu. Tu dois être fatiguée d’avoir tant marché.

Ivan lui sourit à nouveau et ils se dirigèrent vers un banc épargné par la neige, car sous la protection d’un perron en bois. Il attrapa la petite fille sous les aisselles et s’asseyant sur le banc, il la déposa sur ses genoux. Elle avait les joues rosies et le nez rougi par le froid et la température ambiante. Lentement, Ivan enleva son écharpe et la passa autour du cou d’Anastasia et lui recouvrit le bas du visage.

- Ainsi, tu n’attraperas pas froid.
- M-Mais… C’est ton écharpe…
- Peu importe. L’important, c’est que tu restes en bonne santé. Ce serait idiot que tu éternues et que tu tousses, tu ne crois pas ?
- Sûrement…
- Bon. Je vais te dire où je suis, le reste de mon temps.

Vous croyez vraiment qu’il lui raconta la vérité ? Allons…

Ivan lui raconta une histoire plutôt que la vérité. Il étoffa sa vie de Nation dans un étau de soie, lui présentant ainsi comme une bague sur un couffin bordeaux. Il lui parla de contrées glacées, de personnes aussi grandes que le plus majestueux des chênes, de montagnes tellement hautes qu’elles traversent le ciel entier. Il lui raconta que la neige ne cessait jamais de tomber, que là où il passait ses journées, le vent faisait rage et qu’il fallait toujours être bien couvert pour échapper au froid meurtrier de ces plaines. Il lui parla de Moscou, même si elle y vivait. Elle ne sembla pas remarquer qu’il parlait de sa ville, elle pensait sûrement qu’il lui parlait d’une ville lointaine, presqu’au bord du monde. Aux yeux d’Anastasia, les mots d’Ivan n’étaient que réalité et pure vérité. Rien n’était plus vrai que ce qu’il lui inventait. Le monde d’Anastasia, c’était Ivan qui le régissait. Chaque mur, chaque couleur, chaque fleur, chaque maison, c’était lui et lui seul qui les créait.

Il était un peu le roi d’Anastasia. Dans l’esprit de la Romanov, il était à l’origine de tout, et c’était à ses côtés qu’elle devait se trouver pour que tout aille bien. Elle était encore si jeune, n’importe quelle sottise pouvait lui convenir. Tant que c’était la Russie qui lui racontait.

Ivan lui montra le ciel et lui dit simplement : ‘’ Dans le ciel, flottent des ballons plus colorés que la plus belle de toutes tes poupées. Ils sont là pour te protéger. Quelqu’un les pilote et à chaque fois qu’un danger t’approche, ils viennent pour te sauver et pour qu’ainsi la terre continue de tourner. Tu comprends, Anastasia ? Tu es le plus beau, le plus grand, le plus merveilleux et le plus important de tous les rouages de notre monde. ‘’ Et il ramena une des mèches des longs cheveux de l’enfant derrière son oreille, avant de s’approcher et d’embrasser sa joue.

- Moi aussi, je te protège. Et je te protègerai toujours. Tu n’as rien à craindre, sois juste heureuse et souris, ris, danse, sois la joie incarnée. Je surveille tes arrières, ma douce petite princesse.
- D’accord. Tu promets de ne jamais partir ?
- Je te le promets.
- Pour toujours ?
- Pour toujours, Anastasia. Pour toujours.

L’enfant lui sourit et le cœur d’Ivan se réchauffe un peu plus. Comme à chaque fois que la petite rit ou sourit. Doucement, il la fit descendre de ses genoux, et ils reprirent leur marche dans la neige désormais marquée de leurs pas.

Et lorsque tombe la neige, en décembre et un dimanche, Ivan regarde le ciel et pense aux ballons colorés en espérant qu’ils la protègent, là où elle est.
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Mar 3 Jan - 2:53

Pour Danny~ :
Le galop sauvage

Je vois parfois dans le regard d’un cheval,
La beauté inhumaine d’un monde d’avant le passage des hommes.


Alfred grimpa sur l’étalon ébène et lui donna un léger coup de talon pour que celui-ci se mette à marcher doucement dans les plaines vertes américaines. Il aimait beaucoup monter à cheval, surtout à cru. Cela lui rappelait une époque lointaine… Quand il n’y avait que lui, les siens, les chevaux et Mère Nature.

Le petit garçon marchait doucement dans la forêt, sous les grands arbres, les pieds sur les feuilles mortes. C’est l’automne, la saison des feuilles aux couleurs chaleureuses, alors que le climat vous écorche la peau. Bienvenue en Amérique du Nord. Il a les cheveux blonds et les yeux bleus, aussi bleu que le ciel, aussi profond que l’océan. Il est menu. Mais il est fort et abattrait n’importe quel animal sans grande difficulté.

Voilà. Vous savez qui était Alfred avant qu’Antonio ne débarque sur son continent. Vous savez ce qu’il était avant qu’Arthur ne l’emmène. Vous savez en quelques mots ce qu’était l’Amérique des Indiens.

Maintenant, je vais vous parler de ce qui s’est passé avant et pendant l’arrivée des Colons. En 1492 donc. Les chevaux, les oiseaux, les biches, cerfs et faons, tous, avaient peur. Ca se sentait. Ils paniquaient sans qu’il y ait alors réelle raison de le faire. Alfred le savait ; quelque chose approchait. Quelque chose de mauvais. Il était alors allé voir les siens pour les mettre en garde ; on ne l’avait pas écouté. Il avait essayé pourtant, il avait tout essayé pour les convaincre de s’enfuir, de courir, loin, rien n’y avait fait. Il avait peur là. Peur de ce qui allait leur arriver à tous. Peur de ce qui s’annonçait. Ca puait la mort. Oh oui, ça puait, ça puait le crime, le sang, ça puait l’argent, ça puait les Européens.
Alfred commençait à sentir la terreur le gagner. Il fallait qu’il les repousse. Il fallait absolument qu’il préserve son peuple. Il fallait que tous, ils se sauvent. Laisser les villages entiers, laisser tout ce qu’ils connaissaient, pour sauver leur vie, pour se sauver. Mais personne ne l’écoutait ! En même temps, qui aurait écouté un gamin comme lui ? Vagabond, bruyant, criard ! Ce garçon était une plaie ! Il ne fallait évidemment pas l’écouter, allons. Il était fou. Complètement dérangé. Rien n’allait arriver. Les animaux allaient tous se calmer, et tout rentrerait dans l’ordre.

Seulement, voilà. Alfred avait raison ; quelque chose approchait.
Ce qu’Alfred sentait, c’était d’autres hommes. Un peuple pourri par la richesse. Pourri par le bonheur matériel. Pourri par les villes, la royauté. Pourri, tout simplement. Un peuple qui en avait oublié sa Mère Nature. Un peuple qui en avait oublié les anciennes traditions. Un peuple qui maintenant, s’avançait vers un avenir proche.
Un avenir terrible pour les Indiens. Un avenir terrible pour l’Amérique, en somme.

On venait les coloniser. Les formaliser. En faire de bons citoyens. On venait envahir leur Terre, bafouer leurs femmes, tuer leurs hommes. On venait enterrer leurs traditions, on venait simplement les ‘’ moderniser ‘’.

Alfred n’avait pas peur. Non. Bien au contraire, à vrai dire. Alfred était en colère. Des étrangers qui venaient pour fouler la terre de sa mère.

« Tu crois que la Terre t’appartient toute entière ? Pour toi, ce n’est qu’un tapis de poussière. Moi, je sais que la pierre, l’oiseau et les fleurs ont une vie, ont un esprit et un cœur.

Les pieds dans les feuilles mortes de la forêt, Alfred observait les lueurs du jour qui défaillait. Le vent faisait danser les couleurs de l’Automne. Alfred ramena lentement ses genoux contre lui et déposa son menton contre ceux-ci. De plus en plus près…

Au loin, bien plus loin que l’horizon, les voiles des navires qui venaient aborder ses côtes étaient secouées par le vent. A bord de ces navires, des hommes. Un homme. Antonio.

L’apocalypse était annoncée.

Alfred secoua la tête. Que de mauvais souvenirs. Plus jamais il ne galoperait dans les près. Certes, il est libre. Certes…
Mais plus jamais, il ne sera libre comme avant.
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Ven 6 Jan - 21:37

Pour Fai~ :

Le début de la fin

Si je vous dis blessure, cassure, fracture, fissure, à quoi pensez-vous ?

Forcément, vous pensez à la santé, au physique, aux os. Moi, je vous parle plutôt de quelque chose de psychologique. Je vous parle de quelque chose de trop profond pour être soigné, pour être consolé. De quelque chose dont on n’oublierait presque l’existence si ce n’était pas aussi douloureux. La souffrance devient vite habituelle. On commence à vivre avec comme un trou dans le cœur, un espace vide où il manque quelque chose. C’est de ça que je parle, en disant fissure. Je parle d’une brèche entre deux individus, une brèche ouverte, saignante et jamais cicatrisée ni soignée. Je vous parle d’un mal affreux qu’aucun humain, pas même le pire des monstres, ne souhaite à son prochain.

Je vais vous parler de la pire blessure de Sir Kirkland. De sa plus grande souffrance, encore à ce jour. De la pire traîtrise qu’il eût à subir. De sa plus grande tristesse. Je vais vous parler de la plaie béante de son cœur. Et de celui qui l’a trahi. Je vais vous parler d’Alfred F. Jones et son désir de liberté.

Nous sommes en 1775. La guerre vient d’éclater, après la célèbre Boston Tea Party. Les américains ont décidé de se révolter contre Londres. Et Alfred est à leur tête. Forcément, c’est lui, les Treize Colonies. Lui et lui seul. A qui d’autres pourrait être confiée la tête des siens ? C’est lui qui les guidera face aux Anglais, lui qui les mènera à la victoire.

Mais avant ça, il fallait se détacher d’Arthur. Se battre contre lui et non pas avec lui. Il fallait enfermer dans une boîte de Pandore tous les sentiments qu’il pouvait avoir à son égard. Du plus petit au plus grand, du moins fort au plus fort. Il fallait faire vite surtout, pour que la douleur ne s’attarde pas en son cœur, endolori sûrement par la perte de cet homme. Ne croyez-vous pas qu’il a saigné ? Vous pensez qu’il n’y a qu’Arthur qui a souffert ? Oh, comme vous vous trompez. Ils ont tous les deux énormément souffert. D’une manière différente. Arthur a perdu son petit frère, celui qu’il chérissait plus que sa propre vie. Alfred a perdu tout ce qu’il avait ; sauf son peuple. C’est tout ce qu’il lui restait.

Alors il se battait pour lui. Logique non ? Il était le peuple. Il était chaque personne, chaque femme, chaque enfant, chaque homme, chaque vieillard. Il était les Américains. Il était les Treize Colonies.

Et c’est donc prêt à en découdre qu’il était allé trouver Arthur. Prêt à obtenir l’indépendance à coups de poing. Il faisait noir. Il était tard. La porte était fermée à clé, le bois était usé. Il ne se doutait pas à cet instant qu’ils seraient seul, face à face, sans personne pour les déranger.

La porte s’ouvrit en grinçant, laissant apparaître un bureau de chêne, avec pour seul éclairage deux chandelles. Et derrière ce même bureau, le Britannique. Qui attendait patiemment qu’il vienne lui rendre visite.

Arthur s’en doutait. Alfred avait besoin, grand besoin même, de mettre les points sur les i. Il avait besoin de savoir où était la fin de leur histoire commune et où commençait son avancée solitaire. Il avait besoin de se dire qu’il ne laissait derrière lui qu’un homme brillant, qu’un homme fort, pas un homme perdu sans lui, un homme détruit par la perte d’un petit frère. Il devait juste se conforter dans son choix. Mais Arthur avait prévu autre chose ; il voulait l’en dissuader, le ramener en ses rangs.

Arthur n’en pouvait plus. Cette situation était pire qu’insoutenable. Il lui manquait. Terriblement. Le petit corps qu’il serrait encore il y a à peine quelques mois lui manquait. Il voulait reprendre Alfred dans ses bras, le serrer contre son cœur et lui répéter milles et un mots tendres, si rares sortis de sa bouche. Ces mots, uniquement destinés au petit blond qui, il n’y a pas si longtemps, tenait encore au creux des bras anglais, ces mots, il voulait les lui répéter, encore et encore. Il voulait qu’il le croie quand il disait le chérir plus que tout au monde. Quand il disait que rien ne comptait plus que ses beaux yeux bleus. Mais en fait… N’avait-il jamais dit ça ?

- … Sir Kirkland.
- S’il te plaît, pas de ça entre nous, Alfred.
- Qu’est-ce que tu fiches là ? Tu attends la mort ?
- Si c’est avec toi qu’elle est venue.
- Je crains que ce ne soit pas le cas.
- Alfred, je veux négocier.
- Négocier quoi ? Mon retour ? Tu peux toujours crever.
- …
- C’est bien ça que tu attends de moi. Je m’en serais douté. Tu ne changeras jamais, toujours à ne penser qu’à ta poire. Tu me dégoûtes.
- Alfred…
- Non, sérieusement. Tu ne penses quand même pas que je vais revenir vers toi ? Tu ne penses tout de même pas que je suis un fidèle petit chien à qui il suffit de dire de revenir ?! T’as pas vu ma détermination, ou quoi ? T’as besoin d’être éclairé ?
- Alfred ! Arrête.
- Arrêter quoi ? De te dire ce que je suis et ce que tu n’as jamais vu ? Je suis libre, Arthur. Dans ma tête, je suis libre. Tout ce qu’il me manque, c’est ma liberté de Nation, ma liberté de colonie. Ce que toi, tu t’obstines à me refuser !
- CA SUFFIT.

C’était un cri. Doublé d’un poing abattu sur le bureau. Arthur s’était levé brusquement sous le coup de la colère. Ses yeux verts, ses émeraudes, fixaient le jeune homme en face de lui. Ce que ce gamin avait pu grandir. Ce que ce gamin avait pu devenir.

- Ca suffit. Ta liberté ? Ta liberté ? Tu crois que tout est si simple ? Qu’il suffit de se libérer de ses chaînes pour se sentir libre ? Te séparer de mon empire, ça signifie de la douleur, du sang, des guerres pour t’en sortir en tant que ‘’ pays ‘’, mon pauvre Alfred ! Tu crois que tout t’es offert dans la vie de Nation ? Qu’on naît avec une cuillère d’argent dans la bouche ? Tu crois que MOI, je suis né aussi fort et puissant ?! Je me suis battu pour toi ! Et pour toutes mes autres colonies ! Je me suis battu pour faire de nous tous un EMPIRE ! Et toi, pauvre mioche, tu oses t’élever contre moi ? SANS MOI. Imagine-toi sans moi un seul instant. Tu n’as jamais connu que ma présence depuis ta colonisation. Sans moi. Tu ne serais rien. Rien du tout. Rien qu’une bande d’indiens paumés au milieu de ton continent ! Ta liberté, ravale-la. Tu n’as pas encore assez de jugeotte pour comprendre ce que ça signifie, sombre idiot !

Alfred regarda sans bouger une oreille le Britannique qui tremblait tant la colère était présente. La pièce était imbibée d’une haine sans nom. La pièce était froide. Juste froide. Certes, on y sentait la colère. On entendait Kirkland. On entendait son cœur qui battait dans sa poitrine. Le silence était lourd. Alfred ouvrit la bouche mais ne dit rien. Puis une seconde fois ; toujours rien. Il finit finalement par chuchoter :

- J’t’ai jamais rien demandé. J’étais bien en tant que bande d’indiens paumés au milieu de mon continent.

Sa tête se baissa et ses poings se serrèrent. Dans sa tête, se bataillaient ceux qui voulaient l’Indépendance, et ceux qui n’en voulaient pas. Dans sa tête, c’était le noir et le blanc ; le jour et la nuit. C’était le bien contre le mal. La liberté contre la prison.

- Si je ne suis qu’une colonie parmi toutes celles qui constituent ton si grand Empire…

Il releva son visage, les traits durs et les sourcils froncés. L’éclat sauvage de ses saphirs en surprit l’Anglais en face de lui.

- Alors POURQUOI tu t’accroches tant à moi ?! Nous ne sommes que treize colonies à vouloir l’Indépendance ! Pourquoi tu t’accroches à nous ?! T’as qu’à garder les autres et me laisser partir ! POURQUOI TU T’OBSTINES A M’EMPRISONNER ?!

C’était un hurlement douloureux, peiné. Mais bizarrement, pas haineux. Il voulait juste comprendre au fond. Pourquoi ne pas simplement laisser partir ceux qui voulaient partir et garder ceux qui voulaient rester ? Pourquoi ne pas simplement arrêter la guerre et éviter à des millions de vies d’être envoyées en pénitence ? Pourquoi fallait-il qu’ils se battent ainsi, jusqu’à la destruction de l’autre ?

Et pourtant, Arthur n’avait aucune réponse à lui donner. Du moins, pas quelque chose d’assez consistant pour que l’américain s’en contente. Arthur aurait pu juste lui avouer ce qu’il ressentait. Juste lui dire qu’il ne voulait pas que lui s’en aille. Qu’au fond, il s’en fichait des colonies. Qu’il voulait juste garder son frère, son fils, auprès de lui.

Alfred était parti, ensuite. Le vent, s’incrustant par les minimes trous dans le bois, avait fini par éteindre la bougie. Arthur, ce soir-là, il l’avait passé la tête dans les bras, le cœur bastonné par les mots d’Alfred, les yeux inondés de cette tristesse profonde que vous provoque la trahison. Il y avait eu un craquement en lui. Pas très important. Mais il l’avait bien senti. C’était le début de la fin d’une belle époque pour le Britannique.

Peut-être qu’il le devinerait avec le temps. Peut-être qu’il comprendrait. Peut-être que l’amour d’avant reviendrait au fil du temps. Peut-être que les souvenirs, eux aussi, reprendraient vie.

Mais non. Je vous parlais bien d’une fissure, d’une cassure. Quelque chose d’irréparable. Au début de la guerre, leur relation n’était pas encore très altérée. C’est à la fin, quand Arthur comprit qu’il avait échoué en essayant de ramener Alfred en ses rangs, que tout s’est brisé. Oh, il aimait toujours profondément son frère. Mais Alfred ne l’était plus ; Alfred était désormais un autre pays à part entière, plus sous sa coupelle. Alfred était libre. Alfred ne reviendrait plus. Jamais.
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Mar 17 Jan - 22:24

OS sur la Bataille de Berlin et la Chute du Reich allemand. Je préviens juste que j'use des mots en rapport avec le régime de l'époque, vous êtes prévenus. Le personnage qu'"incarne" Ludwig m'a été inspiré par le garçon que l'on voit dans la Chute. Pour l'allemand, j'me suis servie de mes propres connaissances de la langue... Mais comme j'suis nulle, je sais pas si c'est juste 8D

La guerre.

Rien de plus terrible, ne croyez-vous pas ?

La guerre. Le sang. L’horreur des blessés. Se battre pour la patrie ou pour sa survie. Se battre pour des idées, pour des envies, pour des rêves. La perte de proches. La perte d’amis. La misère.

Vous voyez donc de quoi je parle. Cette abomination qu’est la guerre. Imaginez l’horreur d’un peuple tout entier, le deuil, la mort qui hante les rues, le sang qui inonde les chaussées. Imaginez les bombes qui explosent vos maisons, les fenêtres qui éclatent. Imaginez les sirènes, si fortes, qui vous causent mille et uns maux de tête. Ces sirènes, sensées vous prévenir des passages des bombardiers. Imaginez les corps entassés dans les rues. Les feux allumés par les bombes. Imaginez la destruction de toute la vie d’une simple famille par un seul tir ennemi.

C’est ça, la guerre. C’est de la douleur, de la peine en fusion. De la tristesse à l’état pur, quelque chose de si vif qui vous empoignait le cœur et le serrait, fort, très fort, jusqu’à qu’il ne s’épuise à force de se débattre.
Imaginez maintenant l’impact que ce genre d’horreur a sur un enfant. Tout jeune, tout blond, tout simple au final. Imaginez que cet enfant soit allemand. Imaginez qu’il soit ‘’ le parfait petit allemand ‘’ selon les critères du chancelier de cette époque. Les yeux bleus, jeune, courageux, les cheveux blonds, la peau pâle. Cet enfant s’appelle Ludwig.

Il avait 10 ans en 1945, et lors de la bataille de Berlin, c’est lui et ses camarades qui risquèrent leur vie pour essayer de tenir l’envahisseur soviétique à distance.

Il faisait alors partie de la plus jeune partie des Jeunesses Hiltériennes. Souvent félicité pour son courage, sa loyauté et son patriotisme, Ludwig semblait croire en la victoire allemande. Jusqu’à la toute fin, il voulait croire en son peuple. Seulement…
Quelques jours avant la chute de Berlin et la capitulation de l’Allemagne, certes, son monde s’écroulait. Mais pas seulement à cause des bombes ou des tirs d’artillerie, non. A cause d’un événement précis qui ne toucha que lui. Tout le monde s’en fichait. Dans la cohue générale, de toute façon, qui aurait pu remarquer ce qui venait de se passer ?

Ludwig était souvent considéré par les adolescents de la classe supérieure des Jeunesses comme un des leurs, grâce à sa vivacité d’esprit et sa capacité à toujours trouver une stratégie digne de ce nom. Le petit garçon était très réfléchi, et ne fonçait jamais dans le tas sans avoir étudié toutes les possibilités, qu’elles soient farfelues ou complètement impossibles. Un retournement de situation pouvait survenir à n’importe quel instant.

Et dans les plus vieux, il y avait son exact opposé. Un jeune homme, courageux, patriote, tout ça, tout ça, mais d’un orgueil monstrueux. Il ne réfléchissait pas quand il se battait. Il sautait dans le tas.

Il s’appelait Gilbert, et il avait été nommé par le Führer lui-même comme commandant des jeunes forces armées allemandes.
Ludwig se demandait d’ailleurs pourquoi. C’est vrai ; il y avait pleins d’autres adolescents bien plus mûrs et expérimentés, plus responsables et réfléchis aussi. Alors pourquoi ce garçon là, à la crinière argentée et aux yeux d’un rouge vif ? Pourquoi ce sale garnement que les commandants réprimandaient souvent ? Comment le chancelier allemand avait-il pu donner le droit de régir sur les jeunes troupes de son pays ?

Le petit blond ne comprenait ; cela semblait tellement inconcevable. Alors, il décida d’essayer de comprendre. Et pour ça, il fallait l’observer de plus près. Essayer de comprendre son fonctionnement interne et ce qui avait, forcément, conduit le chef des Allemands à le désigner lui et pas un autre.

Pour cela, Ludwig le suivit. Discrètement, comme un voleur. Il était entraîné pour. On l’avait formé dès son plus jeune âge après tout.

Et figurez-vous que ce qu’il découvrit le surprit au plus haut point.

Ce Gilbert, que tout le monde croyait être un tire-au-flan pas possible, un flemmard de première du genre à s’asseoir sur un banc et à ne rien glander de sa journée, après la fin de l’école, allait seul – tout seul, il faut bien préciser – dans un endroit que personne ne connaissait. Une arrière-cour délaissée par ses propriétaires au début de la guerre. Les bombes avaient fait s’effondrer la moitié d’un des édifices l’entourant, et l’accès y était limité, sauf pour quelqu’un d’assez agile.

Et ce même Gilbert l’était, agile. Sûrement bien plus que la plupart des adolescents, qui commençaient à grandir et ne savaient donc plus comment se servir de leur corps. Ce grand bonhomme (parce que oui, pour le petit blondinet, il était grand) était très fin, avec des jambes plutôt longues. On aurait pu croire que si vous lui mettiez un casque sur la tête, il allait s’effondrer tant il était mince. Mais, sous sa carrure de jeune homme frêle, Gilbert avait de quoi faire valoir sa place de commandant de la jeune partie de l’armée allemande. Sa force mentale et son courage, ainsi que son endurance et son obstination figuraient parmi le palmarès extraordinaire de qualités de soldat qu’il possédait pour son si jeune âge.

Et ça, Ludwig le savait. Ce qu’il voulait comprendre, c’était comment on avait pu le juger ainsi. Il doutait sincèrement que le jeune homme se soit déjà rendu sur un champ de bataille, à l’assaut de l’ennemi, ou qu’il se soit retrouvé en première ligne, alors que les canons attaquaient le pays. Non. C’était sûrement autre chose.

Quelque chose qui semblait avoir convaincu tous les proches d’Hitler et le Führer lui-même. Quelque chose qui brillait au fond de ce garçon. Un or pur, un or rare. Un or que recherchait toute l’Allemagne. Un gamin si prometteur, qu’il monta un peu trop vite les échelons… et finalement, s’y brûla les ailes.

Enfin, bref. Dans cette arrière-cour, qui, avouons-le, n’était pas bien grande mais suffisamment étendue pour qu’un adolescent y trouve refuge, Gilbert avait installé de quoi s’entraîner convenablement à chaque chose qu’un SS pourrait lui demander. Un parcours du combattant, certes minuscule, mais la difficulté en avait été augmentée par les soins de son possesseur. Trônait aussi ici des sacs de frappes, accrochés à quelques poutres de bois placées d’une fenêtre à l’autre d’immeuble encore debout. Et tout au fond, sur le rebord d’une autre fenêtre, quelques cannettes de bières vides trouées par des balles d’un petit calibre. Les installations étaient certes rudimentaires. Mais elles avaient fait de Gilbert le jeune commandant qu’il était à ce jour.

Tout seul, après la sonnerie qui criait encore au loin la fin des cours pour les collés, il déposait son sac dans un coin et retirait la veste brune de son uniforme scolaire, avant d’en faire de même avec la chemise blanche immaculée. Chose qu’il ne ferait plus, plus tard quand la température aurait baissée.

Nous étions en fin Avril 1944 quand Ludwig commença à comprendre pourquoi c’était Gilbert qui avait été choisi.

La première fois qu’il avait découvert la petite cour, il n’était pas intervenu et Gilbert n’avait pas remarqué sa présence. Il s’était fait aussi discret qu’un écureuil, et avait, patiemment, attendu que le jeune finisse son entraînement qui se voulait effectivement… assez ardu.

On aurait pu croire en le voyant faire que cela faisait bien plus de 10 ans qu’il était dans l’armée. Du haut de ses 15 ans, Gilbert avait l’agilité d’un singe, la rapidité d’un fauve et la précision d’un rapace. Enfin, aux yeux de Ludwig, qui n’avait jamais vu de réelles batailles, de ses petits yeux bleus.

L’enfant retourna plusieurs fois observer le jeune homme qui travaillait assidûment pour progresser. De loin, toujours, sans oser s’approcher. Et puis un jour, ce fut Gilbert qui le sortit de sa cachette. A force de se sentir épié, il avait remarqué le gamin.

- Eh, toi !
- …M-Moi ?
- Ouais, toi. C’est quoi, ton nom, déjà ? Ludwig, non ?
- O-Oui.. Ich heisse Ludwig… Beilschmidt Ludwig…
- C’est toi alors ? Dont tous mes camarades parlent à longueur de temps ? dit-il en ricanant légèrement. Moi, c’est Gilbert. Gilbert Weillschmidt. Nos noms sont très proches, tiens. J’peux savoir pourquoi tu m’espionnes ?
- …Pour savoir ton secret… Pour avoir convaincu le Führer de ta grandeur d’âme pour te nommer notre chef…
- Un secret ? Ahaha ! Comme s’il y en avait un. J’suis juste awesome.
- ..Awesome ? Was ist das ?
- Ein Wort im Englisch. Bedeutet dass ich wunderbar bin.
- …Ich sehe…
- Enfin, bref, je ne vois pas de quel ‘’ secret ‘’ tu parles.
- Tu n’es pas quelqu’un de calme et de réfléchi. Ca devrait jouer en ta défaveur, pas l’inverse !
- Eh bien, ça, c’est ce qu’ils te disent. Tu penses vraiment que je ne réfléchis pas quand il s’agit de guerre et d’hommes ? J’suis pas du genre à gaspiller la vie, je sais combien elle est précieuse.
- Et tes stratégies ? Tu ne m’as pas l’air d’y faire attention ! Il te faut des plans ! Pour que tes hommes sachent où aller et à quel mom- !

L’albinos pointa le bâton qu’il tenait à la main vers le petit garçon.

- Alors, sois mon stratège. Si tu ne me crois pas capable de gérer mes troupes, soit. Sois mon second ; t’en es capable, je connais tes capacités. Le Führer sera très fier que j’aie un garçon de ton rang comme sous-commandant.
- … M-Moi ?
- Oui, toi. Toi qu’on dit meilleur stratège de la région et meilleur gamin de toute l’Allemagne. Ludwig Beilschmidt, je vous nomme mon second, moi, commandant de la Jeunesse Hitlérienne de Berlin.

Ludwig n’en croyait pas ses oreilles. Fier comme un coq, il bomba le torse avec honneur et fit un salut hitlérien. Gilbert baissa son bâton, un sourire aux lèvres. Les deux gamins avaient du chemin à faire tous les deux. Beaucoup de chemin.

Bien, maintenant vous connaissez les circonstances de leur rencontre. Vous savez que ces deux bonhommes étaient fiers d’être
Allemand. Et qu’ils le montraient.

Gilbert et Ludwig s’entendaient bien. Ils avaient les mêmes valeurs, les mêmes idées, les mêmes principes. Le petit apprenait du grand, comme le grand apprenait du petit. Ils fêtèrent respectivement leur 16ème et leur 10ème anniversaires ensemble. La vie, croyez-le ou non, suivait son cours, malgré la guerre qui faisait rage.

Autant vous dire qu’en avril 1945, quand le Führer fit appeler Gilbert dans son bunker, il n’en ressortit pas dans le même état. Son casque sous le bras, accessoire indispensable pour un jeune défenseur du pays, il s’était arrêté devant la porte. Ludwig l’attendait, un peu plus loin. Gilbert fit un salut en bonne et due forme avant de courir rejoindre le plus jeune. Sans même s’arrêter, il lui cria :

- Dépêche-toi, nous avons un honneur à défendre !
- G-Gilbert ! Qu’est-ce qu’il t’a dit ?
- Je t’expliquerai. Dépêche-toi, bon sang !
- J’arrive, j’arrive ! Une seconde !

Ludwig le suivit. Au loin, on entendait facilement leurs pas, et le bruit de leurs équipements. Une accalmie dans les bombardements que subissait Berlin. Plus un bruit dans les rues. Les gens s’étaient cachés. Ou avaient évacué – du moins, tenté d’évacuer. Ils avaient, en compagnie d’autres courageux petits soldats et de quelques SS chargés de les ‘’ surveiller ‘’ et de les aider, placé un campement non loin des lignes ennemies. Plus loin, un poste de vue, pas très élaboré, mais de quoi surveiller un minimum les troupes ennemies et leur avancement. La plupart des enfants avaient fuit. Pas eux.

Gilbert et Ludwig n’avaient pas de parents. La mère de l’un avait été tuée dans une fusillade, celle de l’autre s’était pendue. Leurs pères étaient partis à la guerre ; ils n’en revinrent jamais. L’albinos vivait dans un orphelinat. Là-bas, c’était chacun pour soi. La plupart de ses camarades étaient là, car à l’orphelinat, c’était Deutschland über alles. Et donc, les enfants avaient été envoyés à la mort. Au combat, face aux russes. Le blond, lui, vivait dans une famille d’accueil, déjà nombreuse. Elle ne vivait pas dans Berlin mais plus à l’Ouest et avait envoyé l’enfant prometteur dans un internat militaire.

Les deux n’avaient donc pas de famille à suivre. Ils n’étaient pas énormément, mais c’était un petit groupe quand même conséquent.
Chaque enfant avait de quoi se défendre, entendez par là une arme. Casques sur la tête et uniforme kaki. On aurait dit des soldats miniaturisés, un peu maladroits avec leurs armes, trop lourdes, trop imposantes.

- Alors, Gil ?
- Ils pensent tous que la guerre est perdue… Les Russes approchent, Lud. Les Russes approchent, et s’ils prennent Berlin, c’est la fin du Reich. Notre pays est en train de chuter. La fin du Reich, Ludwig. La fin de l’empire allemand.
- … Nous devons nous battre. Jusqu’au bout.
- Ludwig…
- Je refuse d’abandonner ! Je me battrai jusqu’au bout ! L’abandon, c’est le déshonneur !!
- Ludwig. Je suis avec toi. Quoiqu’il arrive. Ensemble, nous nous battrons. Jusqu’à la fin.

Ils se regardèrent et un micro-sourire apparut sur leurs deux visages. Chacun savait ce qu’il avait à faire. C’était tout ou rien. Soit tu gagnes, soit tu foires, point.

Les autres enfants finirent par déserter, quand une balle russe toucha leur mentor SS en plein front. Celui-ci s’effondra dans une tranchée, les yeux grands ouverts. Ils n’avaient jamais vu la mort d’aussi près. Ca puait la défaite, ça puait la mort, ça puait le sang, ça puait le feu. Ca puait les Russes, les Rouges, ces enfoirés de communistes.

Gilbert et Ludwig, assis dans une tranchée, tentaient vainement de se battre contre la fin qui s’approchait. Ils savaient que la mort les guettait. De très près. Prête à les prendre à chaque minute, chaque seconde qui s’écoulait. Elle s’approchait un peu plus. Sa faux déployée.

Gilbert voulut se lever pour tirer. Une fraction de seconde. Il fallut à la mort une fraction de seconde d’inattention. Une balle vint se loger au milieu de son front pâle. Le jeune allemand s’effondra, droit comme un i dans la terre.
Ludwig ne pouvait le croire. Son meilleur ami. Son frère d’armes. Là. Mort, tué juste devant ses yeux.

- …GILBERT !!!

Un cri horrifié, par un gamin horrifié. Le hurlement se rallongea, alors que de grosses gouttes de pluie salée abondèrent sur ses joues blanches. Rampant jusqu’à la dépouille, il tenta même un massage cardiaque, dans l’espoir fou de le voir se réveiller.

La blessure était profonde. La sienne autant que celle de son ami. Le mal. Le cœur déchiré. C’était fini ; tout était fini. Le Reich, Hitler, les nazis, la guerre. Et surtout, sa vie était finie. Il ne pouvait pas continuer ; pas après tant d’horreurs. Pas après tant de combats. Pas après le meurtre d’une partie de lui.

En si peu de temps, Gilbert avait pris une si grande place dans son cœur qu’il n’aurait jamais pu survivre sans le soutien de l’albinos. Il lui fallait ses mots et ses rires idiots. Il en avait besoin.

C’est pourquoi Ludwig se leva. Et dans un dernier salut, plus à la dépouille de son meilleur ami qu’à la patrie, une balle l’atteignit dans la tempe et que le petit corps s’effondra au côté du plus grand.

Ensemble. Pour l’éternité.

Spoiler:
 


Dernière édition par Floride / Emily Meyer le Sam 4 Fév - 12:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Sam 21 Jan - 23:20

Des cendres.

Juste des cendres. La place était désormais déserte, il ne restait plus que lui et ses cendres. Sa voix s’était tue. Ses yeux s’étaient fermés. Son souffle s’était arrêté. Il n’entendrait plus jamais son cœur tambouriner dans sa poitrine. Il ne verrait plus les douces rougeurs sous ses yeux. Il ne sentirait plus son parfum quand il la serrait contre lui.

Jeanne n’était plus et Francis le savait.

Le Français venait d’assister à la mort de son héroïne. On avait condamné sa Jeanne. Et à cet instant, il n’était plus leur pays à tous les deux ; il était Francis, l’humain qui se cachait derrière la France. Les yeux bleus embrumés, il fixait l’endroit exact où s’était tenu le bûcher. L’horrible bûcher, celui qui avait emporté loin l’âme et le corps de celle qu’ils accusaient tous. Celle que l’on pointait du doigt. Celle qui, pourtant, s’était donné corps et âme pour sa patrie. Pour lui.

Le ciel était gris, comme si il pleurait lui aussi une jeune femme remarquable. Alors que le bruit de la foudre rompait le silence, Francis s’effondra à genoux devant les restes gris de celle qu’il venait de perdre. Ses mains rejoignirent son visage, et de l’eau l’envahit, une véritable cascade d’eau. Un fleuve tout entier qui s’écoulait de ses prunelles bleues.

C’était comme une tornade à l’intérieur. Une tornade venue tout dévasté. Comme si chaque partie de lui était secouée par le mal, par la douleur, la tristesse et la souffrance. Comme si chaque parcelle de sa peau sentait la perte. Cet endroit puait la mort. Ca sentait sa mort, plutôt. L’âcre odeur de quelque chose qu’on brûle. Et peut-être était-ce lui, mais il y avait comme un parfum de fruit, léger, doux. Comme le sien. Des effluves de parfum féminin. Comme si plutôt que de pleurer devant ses cendres, elle était là, à le serrer contre son cœur.

Ce cœur battant qu’il n’entendrait plus jamais. Le nombre de fois où il s’était endormi, l’oreille contre cette boîte à musique vivante. La vie de Nation n’est pas de tout repos, mais elle savait le calmer et l’aider à se reposer. A reprendre pieds, à reprendre des forces. A rester lucide. C’était sa chaîne au monde, le pourquoi il ne finissait pas complètement fou.

Et ces cheveux, ces beaux cheveux qu’il ne pourrait plus jamais toucher. Dans lesquels il ne pourrait plus passer les doigts. Ce visage qu’il ne verrait plus jamais rougir. Et ce sourire qu’il ne verrait plus jamais s’étirer sur ses fines lèvres. Ce sourire rassurant. Ce sourire qu’elle lui tendait et qu’il lui rendait…

‘’ Rendez-la-moi. ‘’

Il pensa tout haut… Ou peut-être pas, il ne savait pas. Il fallait qu’on la lui rende. Sinon il ne tiendrait pas debout. Il fallait qu’on la lui ramène. Sinon, la France finirait par s’écrouler. Il fallait qu’elle lui revienne. Sinon, il tomberait, avec elle, pour elle.

Le paysage devint flou, le couleur du ciel rouge. Sa vue se brouilla un instant ; il cligna des paupières. Et en rouvrant les yeux, il découvrit devant lui la femme qui venait de le quitter. Faite de cendres et sans visage. Elle était là, debout devant lui sans bouger. Il voulut tendre la main, il voulut l’attraper… La ramener, à tout prix…

Francis se réveilla en sursaut, le front trempé de sueur.

XXIème siècle. Son appartement à Paris et la circulation dehors.

Il n’était pas à Rouen. Il n’était pas devant le bûcher, il n’était pas devant ses cendres. Et elle n’était pas revenue.

Repliant ses jambes contre lui sous la couverture, il posa son front contre ses genoux, laissant les larmes couler silencieusement. Encore une fois, il avait rêvé d’elle. Comme depuis sa mort. Régulièrement, Jeanne lui revient en mémoire, bien qu’elle hante constamment ses pensées. Régulièrement, ses nuits sont torturées par le jour de sa mort. Et tout particulièrement par le fait qu’il n’a rien fait pour la sauver.

Même pas crier tout haut combien il l’aimait.
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Mer 25 Jan - 22:51

Elle étouffait.
Il faisait sombre. La lumière était éteinte et le seul bruit était celui de sa respiration saccadée et de ses multiples quintes de toux.
Elle était si jeune, trop jeune pour être condamnée de cette manière. La vie devant elle semblait comme s’effacer, comme disparaître au loin, vestige d’un passé proche où on la lui avait arrachée.
Posée devant son miroir, elle contemplait son visage pâle, ses cernes noires comme la suie. Elle imaginait ses longues boucles là où elles n’étaient plus. Ses longues boucles blondes comme les blés, douces et faciles à coiffer.
Ca lui manquait, de se trouver jolie. De ne pas voir ce masque de maladie qui trottait sur ses joues autrefois rosies. Ca lui manquait, de sourire comme ça, pour rien, alors que désormais, elle n’en avait plus la force sauf pour faire semblant. Sa vie d’avant lui manquait.
Se levant, faible et tremblante, elle se dirigea vers la porte et l’ouvrit silencieusement. Elle se dirigea vers le salon où sa famille était réunie. Son père, et ses deux frères. Un noiraud, un blond et un gris.
Elle vint lentement s’asseoir entre son plus grand frère et son père. Celui-ci passa un bras autour de ses épaules et la ramena à lui, calmement, en évitant de lui faire mal. Elle se blottit contre son torse, et finit par fermer les yeux, exténuée par la journée.
Chimio, chimio, chimio. Toujours cette foutue chimio, ce foutu hôpital et cette foutue maladie.
Son père, après avoir vu qu’elle s’était endormie, se déplaça légèrement, se releva et la souleva dans ses bras, telle une princesse. Son petit corps se recroquevilla doucement contre lui et il dit aux deux garçons d’éteindre avant de monter. Il alla déposer sa fille dans ses draps, lui embrassa le front avant d’aller se brosser les dents.
Son plus grand frère vint aussi lui dire bonne nuit. Ne voulant pas la réveiller, il fut bref.
Le moyen vint aussi, lui prit plus son temps. Il s’accroupit à côté d’elle, embrasse son front et la regarde un peu dormir avant de se relever et de sortir.
Une seule question.
Pourquoi.
Le lendemain matin, c’est le plus grand qui vient la réveiller. Doucement, il toque et ouvre la porte, chuchotant un ‘’ il est l’heure de te lever ‘’. Il se dirige vers la fenêtre, en ouvre les rideaux et inonde la pièce du soleil matinal, avant de s’approcher de sa sœur. Il la secoue gentiment, elle est dure au réveil.
Mais elle est gelée, complètement gelée.
Il la secoue, plus énergiquement. Un peu plus fort, il crie son prénom, commençant à paniquer. Il appelle son père, son frère, il appelle quelqu’un, il l’appelle elle. Mais elle ne répond pas.
Le père entre, suivi du plus jeune. Il s’approche, secoue à son tour sa fille. Rien à faire.
Elle n’ouvrira plus jamais les yeux.
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Jeu 26 Jan - 22:05

Ca fait mal de perdre sa petite sœur, vous savez.


Eh bien, en ce moment, Fai vivait ce cauchemar éveillé.

Emily était morte dans la nuit d’hier. C’était Francis qui l’avait découverte, gelée, figée dans un sommeil éternel dont elle ne se réveillerait jamais. Lui, il était arrivé juste après avec Gilbert.

Rien à faire. Ils avaient beau la secouer, lui donner des petites gifles, crier son nom, elle ne réagissait plus. Ses beaux yeux bleus s’étaient ainsi fermés à tout jamais. La maladie l’avait vaincue.

Fai assistait, impuissant à la scène. Mais au bout d’un moment, il ne le supporta plus et il partit, sans un bruit, se hâtant de quitter la maison. Ca faisait trop mal de voir son visage encore plus pâle qu’à l’accoutumée.

Il avait franchi la porte d’entrée, en pantoufles, puis le portail, marchant sur le trottoir. Au bout d’un moment, il se mit à courir pour s’éloigner le plus possible du corps désormais éteint de sa défunte sœur. S’éloigner de la mort, et de son odeur putride. S’éloigner de l’horreur de la perte d’un être cher. S’éloigner de leur défaite, à tous les quatre, contre cette fichue maladie.

Les souvenirs, c’est sûrement ce qui fait le plus de mal.

Son sourire et ses yeux qui pétillaient de vie. Ses cheveux blonds qui tressautaient quand elle courait.

Sa sœur lui manquait déjà, atrocement, alors qu’elle venait tout juste de partir.

Allongé sur le lit, à contempler le plafond, il pensait à elle, comme depuis hier matin. Il tendit la main vers sa table de nuit et attrapa un cadre-photo posé là. Il le regarda un instant, l’air neutre.

Puis il le balança violemment contre le mur d’en face. Le verre éclata en morceaux et le cadre de bois se cassa, laissant échapper une photo d’Emily et lui. Avant tout ça.

Rapidement, des pas se firent entendre dans le couloir, accompagné de quelques ronchonnements, et puis, il entendit quelqu’un toquer.

- Fai ?
- Qu’est-ce que tu veux, Nataniel ?
- Savoir qu’est-ce que tu fous.
- Rien.
- Ca fait deux heures que t’es là-dedans, ouvre.
- Non.
- Fai…
- J’ai dit : non.

Un soupir et de nouveau, des pas.

Il ne voulait voir personne. Pas même Nataniel. Pas même Yao. Personne. Il voulait être seul ; totalement seul. Pour penser librement. Se souvenir, avec regrets, des années passées avec elle. De sa naissance jusqu’à sa mort.
Seul avec lui-même, et son cœur bastonné par la souffrance et la douleur. Un face à face avec son lui intérieur, celui qui ne parlait quasiment jamais et qui restait cloitré au fond de lui.

Vous pouvez le traiter d’insensible si vous voulez.
Mais une seule et unique larme fut versée.
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Dim 29 Jan - 22:48

Perdre un enfant, c’est sûrement la pire chose que peut vivre un père.
Et Gilbert le vivait, cette foutue chose.
Oh, on l’avait prévenu, on avait essayé de l’y préparer, bien que ce ne soit pas sûr et qu’elle ait des chances de survivre. Mais on lui avait bien dit qu’Emily risquait de perdre son combat contre la maladie qui la touchait.
Cette foutue maladie. Qui avait emmené loin la chair de sa chair, le sang de son sang. Sa précieuse fille. Son petit trésor qu’il protégeait et aurait protégé encore bien longtemps si elle n’était pas partie si vite alors qu’elle était si jeune.
Il était tard maintenant, on avait emmené son corps à la morgue. Et pourtant, figé dans le grand fauteuil de son bureau, il ne pouvait lâcher le mur des yeux.
Il aurait tout donné pour la sauver, tout. Même sa propre vie.
Il tourna la tête vers le bureau, parsemé de cadre-photo, de souvenirs, de vieux dessins datant d’il y a longtemps.
‘’ Pourquoi m’as-tu abandonné ? ‘’
Il fixait le sourire de la blonde figée sur du papier glacé.
‘’ Pourquoi nous as-tu abandonné ? Tu croyais qu’on t’aimait pas assez ? Tu pensais qu’on finirait par partir et te laisser ? ‘’
Il ravala difficilement sa salive et reprit lentement une grande bouffée d’air.
‘’ Pourquoi, Emily, pourquoi m’avoir laissé seul comme ça ? ‘’
Ca faisait trop mal. Il s’en voulait au fond, c’était sûrement de sa faute. Il n’avait pas été à la hauteur. Il n’avait pas réussi à la sauver, à l’aider, à la préserver. A la garder, tout simplement. Il avait fallu qu’elle s’endorme à jamais. Qu’elle s’envole loin d’ici. Dans un endroit où au moins elle ne souffrira plus.
Son cœur se serra lentement. Il avait beau avoir l’air tout à fait calme, ça bouillonnait à l’intérieur. Il voulait tout péter. Tout casser, tout envoyer valser. Parce que sa raison d’être n’était plus. Celle qui d’un sourire, recousait vos plaies les plus profondes, qui d’un regard, vous faisait entrevoir son âme.
Il se leva brusquement et envoya à terre tout les livres de ses bibliothèques. Tous. Il en attrapa et en déchira les pages, pour extérioriser l’injustice de la mort de sa fille. Il les envoya paître, les envoya s’écraser au mur.
Un boucan de 20 minutes, tout au plus.
Il reprit finalement ses esprits. Et regardant son visage dans une vitre brisée, il se laissa tomber à genoux sur le sol parsemé de livres déchiquetés sous la colère.
Aucune larme ne coula. Mais son visage dans les mains, il attendait que ça vienne.
Pas foutu de pleurer pour sa propre fille.
Non c’est juste que c’était encore trop frais, que la plaie saignait encore abondamment.
Il aurait bien voulu un sourire. Pour le soigner. Ne serait-ce qu’un peu. Pour l’empêcher de se vider peu à peu de son sang. Pour finir par mourir ainsi, désespéré et mort de l’intérieur.
Il aurait voulu voir la joie dans ses yeux bleus, juste une dernière fois.
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Sam 4 Fév - 0:56

Comme vous l'avez sûrement remarqué, les deux trucs plus hauts c'est la suite du troisième truc plus haut. C'est donc les réactions d'HK et Gil au décès de Flo'. Là, j'ai fait Francis et je vais faire UK, Al et Spain aussi~ oui je m'amuse.

Partie.

La petite blondinette était partie. Sa petite blondinette.

Celle qu’il taquinait en permanence, celle qu’il adorait par-dessus tout faire rougir comme une tomate bien mûre parce qu’enfin elle reprenait des couleurs humaines et pas cadavériques.

Celle qu’il, depuis le début de son traitement, passait un temps fou à parler avec, à propos de comment elle vivait tout ça. Un temps fou qu’il aimait au final bien, parce que c’était dans ces rares moments qu’il la sentait vivante. Vraiment vivante.

Pas absente comme à l’accoutumée, quand elle se perdait dans la contemplation du dehors gelé par la fenêtre, quand ses yeux s’arrêtaient sur une chose, discrète, mais qu’elle remarquait. Quand on l’appelait, trois ou quatre fois, et que ce n’est qu’à la cinquième ou sixième fois qu’elle réagissait. Et même son sourire était absent. Pas de joie, aucune gaîté. Pas la même qu’autrefois.

Il marchait lentement le long de la rive, ses cheveux blonds à moitié coincé dans son écharpe bleu marine, enroulée autour de son cou. Ses pas crissaient sur le gravier au bord du fleuve qui bordait leur petit village. C’était vide, ces balades sans elle, qui tenait à l’accompagner au moins une fois chaque semaine même quand elle n’était pas au mieux de sa forme.

Ils auraient tous dû s’en douter, de ce départ précipité durant la nuit, sans préavis, sans véritable ‘’ baisse de régime ‘’ vu qu’elle était déjà tellement faible qu’on ne remarquait plus rien.

Et le pire, c’est que c’était lui qui était venu la réveiller le jour fatidique. Lui qui ouvrit les rideaux et vint gentiment la secouer pour se rendre compte qu’elle ne bougerait plus jamais. Il cria, appela Gilbert et Fai.

Tout était confus. Plus rien n’était à sa place. C’était impossible, juste impossible.

Après que Gilbert ait décrété calmement (ou du moins, en apparence) en prenant son pouls qu’elle était partie, Francis s’était effondré sur le petit corps blême et il l’avait secoué encore. Il avait voulu la prendre dans ses bras tremblant, lui donner un peu de chaleur pour la ramener. Et même dans un dernier espoir, il avait tenté le massage cardiaque. Rien à faire, Emily s’était éteinte. Tandis que Gilbert allait appeler l’hôpital, Francis s’était installé sur le lit de sa sœur, et avait pris son corps endormi contre lui.

‘’ Je t’en prie, Emily, ne meurs pas. Reviens… Reviens, reviens, je t’en prie… Réveille-toi, je veux te voir rougir à nouveau, je veux te voir rire à nouveau, entendre encore ta voix… T’as pas le droit de partir, Emily… T’as pas le droit de nous laisser. ‘’

Quand la morgue était venue chercher son corps, on avait dû le lui arracher presque, tant il s’y attachait. Comme un dernier souvenir de celle qui fût sa petite sœur.

Francis s’arrêta, en grimaçant à l’idée de cette nuit passée à pleurer (oui, pleurer) la perte. Toujours la même envie de courir jusqu'à la maison et la voir assise sur le canapé. Même s’il sait qu’elle n’y sera pas.

Qu’elle ne lui sourira plus jamais en lui lançant un ‘’ Déjà rentré, grand frère ? ‘’.
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MessageSujet: Re: Petits OS, grandes aventures ! ~ ♪ {Flo} Dim 12 Fév - 18:58

Il entendait les pierres qui tombaient peu à peu. Les cris de joie de ses citoyens, les pleurs de bonheur des femmes et des enfants. Il entendait les gens qui scandaient la victoire, les coups portés à ce mur qu’ils voulaient tous voir tomber.

Ce mur de la honte. Ce mur qui séparait des familles entières, des enfants et leurs parents, des époux et des épouses, des amants et des amantes. Ce mur qui divisait les vies, qui empêchait l’envol de certains, qui amoindrissait leurs chances de bonheur. Ce mur qui en tua plus d’un. Ce mur, et cet espoir qui grandissait en chacun d’eux, cet espoir de le voir un jour s’effondrer comme leurs cœurs s’étaient effondrés à sa construction.

Et ce jour était arrivé. Les Berlinois étaient descendus dans la rue, certains avec pour seul arme leur voix qui portait l’euphorie du moment. Mais ils étaient prêts à défaire pièce par pièce, brique par brique, caillou par
caillou, la prison qui les retenait loin les uns des autres.

Les gens criaient, hurlaient leur joie, la chantaient à tue-tête, dans la langue de Goethe. On aurait pu croire qu’on entendait par-delà Berlin le bruit de la monotonie qui se brisait violemment pour laisser place à un jour nouveau. Les premiers coups de pioches, de marteaux, de masses, de poings même, contre cet odieux morceau de pierre, celui qu’ils haïssaient tous, qu’ils maudissaient du plus profond de leurs âmes, qu’ils voyaient comme un ennemi à abattre pour enfin retrouver les leurs.

On s’acharnait contre les morceaux du mur qui commençait à s’effriter.

C’est à ce moment-là qu’un grand garçon blond vint se joindre à la bataille, du côté Ouest de Berlin. Avec encore plus d’acharnement que les autres, il frappait, il frappait, il frappait. Car de l’autre côté, se trouvait sa seule et unique famille, la deuxième partie de son cœur, celui qui faisait partie de lui. Son frère.

Alors il frappait. En son honneur, il frappait. Pour le retrouver, il frappait. Pour son courage et sa force, il frappait. Pour toutes ses putains d’années où ils avaient été séparés, il frappait. Pour ce mur, pour cette défaite, pour le fait qu’on les ait obligés à se quitter de manière si brutale, il frappait encore et encore.

Et enfin, un trou, minime, minuscule, ridicule, se fit. Un trou vers la liberté. Un trou vers le côté Est de Berlin. Un trou vers son frère, sa famille, la moitié de lui qui lui manquait depuis des années maintenant. Ludwig força sur le trou avec encore plus d’acharnement qu’au commencement. Coup de pied, de poing, de marteau, de masse, de pioche, tout. Parce qu’enfin, il voyait la lumière au bout du tunnel. La fin d’un rêve cauchemardesque. La fin d’un bout de chemin rendu amer par l’absence.

Le trou s’agrandit, assez pour le laisser passer. Avec plus ou moins de difficultés, il passe une jambe, puis l’autre. Le voilà du côté Est.

Il crie, il hurle mais pas les mêmes slogans en allemand que ses compatriotes. Il crie un prénom. Il crie un surnom. Il crie à s’en arracher tout le système respiratoire. Ses yeux bleus cherchent dans la foule. Cherchent un regard bien connu, cherchent une tignasse argentée.

Et quand enfin, il le voit, il ne bouge pas. Il se fige.

L’homme est faible, et il a l’air d’avoir perdu l’amour de la vie. Son corps est maigre et ses yeux ont perdus leur éclat. Ses cheveux sont ternes et mal coiffés. La vie semble s’être éteindre de son côté.

Mais Ludwig le sait, il est plus fort que ce qu’il ne laisse paraître. Il s’approche et sans rien demander, sans rien dire, pas même bonjour, il serre son frère entre ses bras.

Il le serre aussi fort qu’il peut. Comme s’il allait à nouveau disparaître, comme s’il allait s’évaporer.

Mais bon, même avec des bras comme Ludwig, allez retenir de la fumée.
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